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  • : Un jour, une œuvre
  • : Créé en 2006, ce blog rédigé par Valérie Beck autrefois consacré à la danse et à ma compagnie se diversifie davantage.
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:56

 pourquoi tournent ils ?
 
 
Rumi et le soufisme.
 
 
On appelle soufi les hommes qui ont renoncé aux richesses du monde et portent la tunique de laine. Ce sont des ascètes. Ils font partie de la confrérie mawlanya qui fut fondée par Jalal Uddin Rumi, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs et poète mystique de génie qui inflença toute la littérature persanne de son époque. Son père l'appela « Nawlana » qui littéralement veut dire « notre maître » tant l'enfant, spirituellement, était précoce.   
 
 
Rumi nait en Afghanistan en 1207, dans une famille très lettrée (son père est appelé le sultan des savants) mais doit fuir  très jeune avec sa famille, son pays envahi par Gengis Khan. Ils se réfugient en Turquie.  Rumi, au gré de ses voyages et de ses expériences de vie devient tout à la fois poète, alchimiste et un mystique de grande renommée.
 
 
 
 
La rencontre qui changea sa vie
 
 
 
 
 
Il rencontre en la personne de Shams de Tabriz un maître qui lui permet d'entrevoir des vérités supérieures. Shams est un errant, un mystique, qui s'adonne à la danse, à la musique, comme moyen d'accès à Dieu. Pour lui, l'expérience mystique de fusion avec Dieu ne naît  pas dans l'étude des livres : on dit même qu'il est illétré.  Il enseigne la danse et l'abandon à Rumi pour d'accéder à une conscience spirituelle autre.  Rumi et Shams passent de longues années ensemble. Mais un jour, Shams trouve la mort, assassiné, dit-on par les disciples de Rumi, jaloux de la relation exclusive que cet errant et ascète entretient avec Rumi qui les délaisse. Rumi en conçoit un chagrin profond.
 
 
 La fusion avec Dieu 
 
 
On raconte que Rumi, encore triste de la perte de son ami et maître, Shams de Tabriz, marche un matin dans le souk. Il entend à chaque pas Dieu lui dire : «  je suis toi, tu es moi » Des marteaux frappent des feuilles de métal précieux, et voici que sur cette musique , Rumi saisi par une vague d'émotion, lève les bras et se met à tourner sur lui-même. Les passants s'arrêtent pour le regarder. Rumi danse longtemps et les ouvriers ne cessent de frapper les feuilles que lorsqu'il s'arrête enfin : « Je viens de m'unir à Dieu » dit-il tout simplement
.
 
La technique du Sama'
 
 
 
 
Est-ce ainsi que naît le Sama', cette audition spirituelle sur laquelle dansent les derviches, suivant l'enseignement de Rumi .
Etymologiquement, le mot veut dire audition. C'est une technique d'expérimentation physique et que spirituelle. L'ascète accepte de se laisser prendre pendant le Sama' par l'état qui s'empare de lui.
La danse consiste à tourner sur soi même un pied plat, un sur demi pointe qui reçoit régulièrement une impulsion, tandis que les bras sont de part et d'autre du corps, la paume  droite tournée vers le ciel pour recevoir, l'autre vers la terre pour redonner, selon le schéma de l'arbre cosmique. La tête est penchée sur une épaule et le buste, souple, qui se balance doucement sur un axe vertical. L'équilibre se crée grâce au souffle.
Se fondre dans la matière en mouvement est leur seul désir.
 
 
 
La musique 
 
 
La musique est constituée d'un ensemble de ney,(flûtes), de qanum, (cithare sur table), de rebab, (parent du violon mais à « six coins » comme le voulait Rumi pour incarner les quatre points cardinaux plus le Nadir et le  zénith), de tanbur et de dafs, percussions.
 
Le cheikh, chef des musiciens, qui enseigne l'Islam et les principes du soufisme, est appelé samazân. C'est lui qui coordonne le tournoiement de tous les derviches, pour que chacun, tout en s'abandonnant à leur état propre, soient tout de même reliés entre eux, telles les étoiles dans le cosmos, dansant autour du soleil.
 
 
le tournoiement comme principe de vie de l'univers
 
 
 
Ce tournoiement est vu comme principe de vie : mouvement des planètes, cycle du temps, circulation du sang, etc.
Ce tournoiement conduit à une fusion du corps avec le reste de l'univers et non pas à sa disparition. La frontière que l'oeil voit disparait.
 
Ce n'est pas sans me rappeler les calligraphies de maître Deshimaru, qui d'une certaine façon, revient au même résultat : c'est à dire qu'il y a aussi fusion de la matière et de l'anti matière...
 
 

Article rédigé en partie d'après Françoise Grund, "danses de la terre" et les liens internet ci dessous.

liens :

avec la biographie de Rumi

http://hpml2.free.fr/rumi.htm

 

http://www.fraternet.com/magazine/etr_1406.htm

avec le soufisme

http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/djalel_ud_din_rumi.HTM

 

avec l'oeuvre poétique de Rumi

http://decitre.fr/service/search/fiche_detail/-/ean-9782020560887/index.dhtml

 

 

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commentaires

S
Article très enrichissant et ça permet de clarifier le concept de ce mouvement très symbolique !
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F
Merci pour tes lumières !!<br /> La danse des derviches tourneurs est de loin une des plus... impressionnante !
Répondre