21 décembre 2009
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Suite de mes élucubrations sur le Casse Noisette de Noureev. C'est le seul ballet de Noureev que je n'ai encore jamais vu sur scène. Pourquoi?
Parce qu'enfant, je n'avais pas aimé le conte de Hoffmann que j'avais emprunté à la bibliothèque; il s'intitulait Casse Noisette et le Roi de Souris. Impatiente de découvrir cette histoire, j'avais vite déchantée, car j'avais ressenti une sorte de malaise face à récit confus, fouilli, à ce roi des souris qui mordait les pauvres soldats de plomb et les terrifait! Son récit était terrible!!! Déjà que le pauvre casse noisette avait été mis en pièce par le petit frère de Clara!! C'était trop pour moi!
( le grand jeté, c'est Isabelle Ciaravola!!!)
La version télévisée que j'avais pu voir quelques années après n'avait rien arrangé. ( Je crois que c'était avec Noella Pontois, mais je n'en suis pas si sûre!) Pas de danse, trop de mime, qu'est ce que l'on s'ennuyait ferme le jour de Noel dans cette maison bourgeoise. Pire que chez moi encore, où les Noels avaient un goût bizarre de fête et d'amertume! Et ces cadeaux qu'on distribue aux enfants sur scène, pas vraiment réjouissants! La seule chose qui m'avait plu, c'était la fausse neige qui tombait sur scène...
Bref; Casse noisette a toujours été synonyme pour moi d'ennui, de famille barbante et de fouilli... mais finalement, c'est cela aussi Casse Noisette, sauf que je rêvais d'un autre ballet à l'époque!...
Il y a deux ans, j'ai pris des places, motivée par la présence de Nicolas Leriche et de L Pujol, mes deux idoles, dans les rôles titres. Cette année là, le site de l'opéra offrait à ses internautes un calendrier de l'avent : chaque jour, une petite fenêtre s'ouvrait à la date du jour sur le monde enchanté de casse noisette et sur les répétitions. j'adore voir les danseurs au travail! Ciaravolla y parlait des flocons, N Daniel y incarnait une étrange poupée pleine d'exotisme et de brio... on voyait Dorothée Gilbert avec son magnifique sourire...
Cela m'avait donné envie de le voir, en partie à cause de mon amour pour les danseurs de l'opéra de Paris. Malheureusement, les grèves m'ont empêché d'assister à cette représentation, et à la suivante ( je devais voir Gilbert/Legris)
Cette année, j'ai retenté ma chance mais là, à la dernière minute ( une demi heure avant la représentation pour être exacte) , c'est ma babysitter qui n'est pas venue.... C'est donc un ballet maudit???
heureusement, quand on aime, on ne compte pas, et j'ai repris des places pour le 25 décembre avec cette fois ci Dorothée Gilbert et M Ganio...
Entre temps, la télévision a diffusé l'intégralité du ballet ( capté il y a donc deux ans ). Myriam ould Braham et J Bélingard et une foule de danseurs éclairent la scène de leurs talents, telle l'extraordinaire Ciaravolla, que vous voyez en flocon, s'envoler dans un prodigieux grand jeté
Là, bizaremment, je me suis laissée prendre par ce récit d'où filtre une puissante mélancolie... c'est Noël, et Clara se réfugie dans le rêve pour échapper à une famille qui l'ennui, à un petit frère qui casse ses jouets, à des invités sans saveur... c'est cela le monde des adultes? Où est leur part d'enfance?
Pourquoi ce revirement de ma part? Pourquoi ce désir tout à coup de voir absolument Casse Noisette que je fuis depuis 20 ans? La raison en est simple : Noureev me manque! Ou comme le chantait Gainsbourg : " la nostalgie, camarade!!!"
Le niveau qu'il avait donné à l'opéra de Paris aussi. Je viens de visionner des ballets par le Kirov filmés récemment, il n'y a pas photo quand à la différence de niveau technique et d'engagement artistique entre l'opéra de Paris et le Kirov !!! le Kirov ressemble un peu à ce qu'était l'opéra de paris il y a quinze ans. Les danseurs y sont brillants, puissants et artistiques tout à la fois. Mais au fait c'est vrai : Noureev ne dirige plus l'opéra depuis 20 ans... cela fait toute une génération de danseurs. Ou sont les Guérins, Loudières, Maurin, Hilaire, Legris, Bélarbi qui ont fait les beaux soirs de l'ONP? Tous partis... il ne reste que Leriche, d'une certaine manière....
Quoi? 20 ans? déjà? mais oui, comme le chantait Reggiani : "le temps a passé pendant que j'avais le dos tourné"
Ould Braham n'est pas pour moi l'interprète idéale de Clara, malgré l'excellence de sa danse; en outre, elle est ravissante, crédible en toute jeune fille, le tutu et le diadème lui vont à ravir, mais alors, quoi, me direz vous? Elle est si appliquée! si scolaire! Chaque pas est parfait mais on dirait qu'elle fait sa classe du matin... comme c'est dommage, elle a tout pour être une extraordinaire danseuse, il lui manque un petit grain de folie qui fait toute la différence entre la technicienne et l'artiste.
Heureusement, Bélingard lui insuffle de l'humanité, de la chair, si je puis dire; on dirait Orson Welles dans le rôle de Mr Rochester, il a le même sourire carnassier! Cela fait un couple bizarre, avec une ballerine très classique, et un danseur de caractère, félin, mais dont le travail des pieds n'est pas toujours très propre; les jambes tremblent un peu, c'est un peu brouillon!!! Mais ça vit! et cela contrebalance le côté trop sage de Clara.
Artistiquement, ce prince version Bélingard est sacrément sensuel, il dégage une espèce d'animalité que j'ai rarement vu et qui est dans ce type de rôle tout à fait inattendu. Il fait voler en éclat les princes propres et lisses version J Martinez, par exemple, toujours parfait! Quand à son interprétation de Drosselmeyer, il y montre un charisme de grand acteur shakespearien!! j'adore Bélingard!
France 3 m'a aussi permis de voir mes deux autres idoles, Karl Paquette et S Romberg, étonnante elle aussi, car tellement atypique. Romberg n'est pas une ballerine pas plus que Bélingard n'est un danseur classique; ce sont deux personnalités très fortes, charismatiques. Ils feraient merveille au Bolshoi que j'ai vu il y a trois ans ; les danseurs s'investissent tous sur scène mais les cinquièmes ne se ferment pas à temps, les receptions se font comme elles peuvent! Il y a l'énergie, le plaisir, au détriment d'un travail de placement, de propreté "' si école française" d'autrefois ( et que bizarement Ould Braham possède parfaitement! à croire que maintenant à l'opéra on a l'un ou l'autre!!! ou de belles ballerines trop lisses, ou des danseurs de caractère qui négligent un peu la précision et la propreté des pas classiques, Leriche mis à part. Ah, Noureev, si tu étais là, tu insufflerais un peu de ton âme slave à la délicieuse M Ould Braham!!!)
Pour Romberg, par exemple, on ne l'imagine pas trop en Odette, la princesse cygne du lac des cygnes, mais elle transcende son rôle de danseuse orientale dans casse noisette et offre avec Karl Paquette un duo oriental séduisant, puissant, qui devient l'un des grands moments du ballet avec la scène des flocons!
Voilà si tout va bien, je découvrirais donc sur scène ce Casse noisette le 25 décembre; beau cadeau! et même plus que cela, véritable clin d'oeil!!!
J'aurai évidement une pensée pour Noureev et son tombeau, actuellement recouvert de neige...
Sait il, là ou il est, que des coeurs ardents, comme le mien, pensent encore à lui et à ses ballets 17 ans après sa mort??? je l'espère, et puisque c'est Noel, bientôt, j'en profite pour lui dire qu'il me manque, et que j'espère qu'il brille toujours autant au milieu des étoiles... ( à mon avis, il a dû apporter beaucoup de vie, là où il est!!! beaucoup de passion russe!!!)
Parce qu'enfant, je n'avais pas aimé le conte de Hoffmann que j'avais emprunté à la bibliothèque; il s'intitulait Casse Noisette et le Roi de Souris. Impatiente de découvrir cette histoire, j'avais vite déchantée, car j'avais ressenti une sorte de malaise face à récit confus, fouilli, à ce roi des souris qui mordait les pauvres soldats de plomb et les terrifait! Son récit était terrible!!! Déjà que le pauvre casse noisette avait été mis en pièce par le petit frère de Clara!! C'était trop pour moi!
( le grand jeté, c'est Isabelle Ciaravola!!!)
La version télévisée que j'avais pu voir quelques années après n'avait rien arrangé. ( Je crois que c'était avec Noella Pontois, mais je n'en suis pas si sûre!) Pas de danse, trop de mime, qu'est ce que l'on s'ennuyait ferme le jour de Noel dans cette maison bourgeoise. Pire que chez moi encore, où les Noels avaient un goût bizarre de fête et d'amertume! Et ces cadeaux qu'on distribue aux enfants sur scène, pas vraiment réjouissants! La seule chose qui m'avait plu, c'était la fausse neige qui tombait sur scène...
Bref; Casse noisette a toujours été synonyme pour moi d'ennui, de famille barbante et de fouilli... mais finalement, c'est cela aussi Casse Noisette, sauf que je rêvais d'un autre ballet à l'époque!...
Il y a deux ans, j'ai pris des places, motivée par la présence de Nicolas Leriche et de L Pujol, mes deux idoles, dans les rôles titres. Cette année là, le site de l'opéra offrait à ses internautes un calendrier de l'avent : chaque jour, une petite fenêtre s'ouvrait à la date du jour sur le monde enchanté de casse noisette et sur les répétitions. j'adore voir les danseurs au travail! Ciaravolla y parlait des flocons, N Daniel y incarnait une étrange poupée pleine d'exotisme et de brio... on voyait Dorothée Gilbert avec son magnifique sourire...
Cela m'avait donné envie de le voir, en partie à cause de mon amour pour les danseurs de l'opéra de Paris. Malheureusement, les grèves m'ont empêché d'assister à cette représentation, et à la suivante ( je devais voir Gilbert/Legris)
Cette année, j'ai retenté ma chance mais là, à la dernière minute ( une demi heure avant la représentation pour être exacte) , c'est ma babysitter qui n'est pas venue.... C'est donc un ballet maudit???
heureusement, quand on aime, on ne compte pas, et j'ai repris des places pour le 25 décembre avec cette fois ci Dorothée Gilbert et M Ganio...
Entre temps, la télévision a diffusé l'intégralité du ballet ( capté il y a donc deux ans ). Myriam ould Braham et J Bélingard et une foule de danseurs éclairent la scène de leurs talents, telle l'extraordinaire Ciaravolla, que vous voyez en flocon, s'envoler dans un prodigieux grand jeté
Là, bizaremment, je me suis laissée prendre par ce récit d'où filtre une puissante mélancolie... c'est Noël, et Clara se réfugie dans le rêve pour échapper à une famille qui l'ennui, à un petit frère qui casse ses jouets, à des invités sans saveur... c'est cela le monde des adultes? Où est leur part d'enfance?
Pourquoi ce revirement de ma part? Pourquoi ce désir tout à coup de voir absolument Casse Noisette que je fuis depuis 20 ans? La raison en est simple : Noureev me manque! Ou comme le chantait Gainsbourg : " la nostalgie, camarade!!!"
Le niveau qu'il avait donné à l'opéra de Paris aussi. Je viens de visionner des ballets par le Kirov filmés récemment, il n'y a pas photo quand à la différence de niveau technique et d'engagement artistique entre l'opéra de Paris et le Kirov !!! le Kirov ressemble un peu à ce qu'était l'opéra de paris il y a quinze ans. Les danseurs y sont brillants, puissants et artistiques tout à la fois. Mais au fait c'est vrai : Noureev ne dirige plus l'opéra depuis 20 ans... cela fait toute une génération de danseurs. Ou sont les Guérins, Loudières, Maurin, Hilaire, Legris, Bélarbi qui ont fait les beaux soirs de l'ONP? Tous partis... il ne reste que Leriche, d'une certaine manière....
Quoi? 20 ans? déjà? mais oui, comme le chantait Reggiani : "le temps a passé pendant que j'avais le dos tourné"
Ould Braham n'est pas pour moi l'interprète idéale de Clara, malgré l'excellence de sa danse; en outre, elle est ravissante, crédible en toute jeune fille, le tutu et le diadème lui vont à ravir, mais alors, quoi, me direz vous? Elle est si appliquée! si scolaire! Chaque pas est parfait mais on dirait qu'elle fait sa classe du matin... comme c'est dommage, elle a tout pour être une extraordinaire danseuse, il lui manque un petit grain de folie qui fait toute la différence entre la technicienne et l'artiste.
Heureusement, Bélingard lui insuffle de l'humanité, de la chair, si je puis dire; on dirait Orson Welles dans le rôle de Mr Rochester, il a le même sourire carnassier! Cela fait un couple bizarre, avec une ballerine très classique, et un danseur de caractère, félin, mais dont le travail des pieds n'est pas toujours très propre; les jambes tremblent un peu, c'est un peu brouillon!!! Mais ça vit! et cela contrebalance le côté trop sage de Clara.
Artistiquement, ce prince version Bélingard est sacrément sensuel, il dégage une espèce d'animalité que j'ai rarement vu et qui est dans ce type de rôle tout à fait inattendu. Il fait voler en éclat les princes propres et lisses version J Martinez, par exemple, toujours parfait! Quand à son interprétation de Drosselmeyer, il y montre un charisme de grand acteur shakespearien!! j'adore Bélingard!
France 3 m'a aussi permis de voir mes deux autres idoles, Karl Paquette et S Romberg, étonnante elle aussi, car tellement atypique. Romberg n'est pas une ballerine pas plus que Bélingard n'est un danseur classique; ce sont deux personnalités très fortes, charismatiques. Ils feraient merveille au Bolshoi que j'ai vu il y a trois ans ; les danseurs s'investissent tous sur scène mais les cinquièmes ne se ferment pas à temps, les receptions se font comme elles peuvent! Il y a l'énergie, le plaisir, au détriment d'un travail de placement, de propreté "' si école française" d'autrefois ( et que bizarement Ould Braham possède parfaitement! à croire que maintenant à l'opéra on a l'un ou l'autre!!! ou de belles ballerines trop lisses, ou des danseurs de caractère qui négligent un peu la précision et la propreté des pas classiques, Leriche mis à part. Ah, Noureev, si tu étais là, tu insufflerais un peu de ton âme slave à la délicieuse M Ould Braham!!!)
Pour Romberg, par exemple, on ne l'imagine pas trop en Odette, la princesse cygne du lac des cygnes, mais elle transcende son rôle de danseuse orientale dans casse noisette et offre avec Karl Paquette un duo oriental séduisant, puissant, qui devient l'un des grands moments du ballet avec la scène des flocons!
Voilà si tout va bien, je découvrirais donc sur scène ce Casse noisette le 25 décembre; beau cadeau! et même plus que cela, véritable clin d'oeil!!!
J'aurai évidement une pensée pour Noureev et son tombeau, actuellement recouvert de neige...
Sait il, là ou il est, que des coeurs ardents, comme le mien, pensent encore à lui et à ses ballets 17 ans après sa mort??? je l'espère, et puisque c'est Noel, bientôt, j'en profite pour lui dire qu'il me manque, et que j'espère qu'il brille toujours autant au milieu des étoiles... ( à mon avis, il a dû apporter beaucoup de vie, là où il est!!! beaucoup de passion russe!!!)