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  • : Un jour, une œuvre, par Valérie Beck
  • : Créé en 2006, ce blog rédigé par Valérie Beck a évolué au fil du temps. Il est consacré principalement à la danse, mais est ouvert aux autres arts.
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:09

un petit compte rendu, un peu bâclé celui là, sur critical dance, danser en français!


soirée du 9 octobre 2004

une soirée inégale

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur etudes , que j'ai vu dans l'interprétation de Laétitia Pujol, J G Bart, rétabli et M Ganio

Sans la présence de Laetitia Pujol, que, décidement, j'adore, j'aurais été un peu déçue, du moins par le rôle des deux solistes hommes
si J G Bart était en forme et techniquement impeccable, ce n'était pas tout à fait le cas de M Ganio, un peu imprecis dans ses receptions de tours en l'air et sauts; en revanche ses portées étaient aussi magnifiques que dans la Sylphide
J G Bart avait du brio et de la hargne aussi, car il a fait une entrée en scène en claquant très fort des doigts afin :D ainsi, L Pujol a t'elle été forcée de ralentir à plusieurs reprises ses tempi :D ) au cas où cette disparition lui serait trop insupportable (!!!! :eek: )


Véronique Doisneau :
Le problème avec cette oeuvre,  c'est qu'il ne se passe vraiment rien, et que le spectacle est dans la salle ( c'est voulu, me dira t'on)
dans les loges, les gens baillaient, parlaient, regardaient les petites particules de poussière qui dansaient dans la lumière des projecteurs, leurs voisins, renouaient des lacets, arrangeaient leurs cheveux; ah, de l'art spontané, un public actif, que c''était merveilleux!

ah, mon dieu, que j'aime l'art conceptuel ; le créateur ne fait plus rien, et c'est le public qui fait tout!!! car c'est lui qui donne le sens : la bonne blague, quand tout est creux et vide, comme une vieille coquille de noix; le concept reste lui aussi creux et vide!

glass piece ( Robbins)

Sans doute, l'ONP a t'elle programme cette oeuvre pour que l'on oublie pas après V Doisneau, que pour danser, il faut bouger!!!

  cette oeuvre   a fait remonter dans ma mémoire celle que j'avais vu en 1991 et que j'ai adorée
Les hommes ont composé un ensemble fabuleux!
je me suis rappelée alors que la première fois, je les avais trouvés un peu "mous", pas assez virils, mais là, il dégageait une energie très contagieuse et était magnifiquement ensemble

il y avait un danseur assez grand, avec des cheveux bruns coiffés en arrière, qui avait de vagues airs de Hervé Dirmann et qui flamboyait sur scène. Qui est ce?
Il y avait aussi Martin Chaix, toujours totalement investi dans ce qu'il fait, toujours cette danse très généreuse que j'adore
et puis Caroline Bance aussi, très bien!
La musique que j'adore ( c'est lui qui a composé celle de the hours) était on ne peut plus mal jouée, mais cela n'a pas empêché toute la troupe de donner le meilleur d'elle même!
Les deux solistes, Emilie Cozette ( qui gagne en aisance) et Yann Bridart ont composé un beau pas de deux, tout en subtilité
Merci à J Robbins, de nous rappeler que la danse, c'est la vie elle même!

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:57
compte rendu de Don Quichotte à l'ONP Juin 2004 écrit sur le site critical dance ( danser en français); je livre cet article tel quel


soirée du 26 mai

Bon, c'est un peu tard! mais malheureusement, je n'ai pas pu écrire cette critique plus tôt!
J'ai bien évidemment lu celle de Cathy que je rejoints sur bien des points, mais il y a juste quelques petites choses que je voudrais ajouter

La soirée en elle même dégageait quelque chose de spécial, un bien être que j'ai rarement éprouvé à ce point ces dernières années, comme si tout le monde était en harmonie, comme si une sorte de paix, de joie était descendu ce soir là sur la scène. Le corps de ballet était PARFAIT!!! :)
Et tous les danseurs étaient uniques, eux mêmes en quelque sorte, ce qui faisait parfaitement oublier les petites fautes techniques qui passaient vraiment au second plan, comme le décalage entre les deux amies de Kitri; ce n'était pas grave...

J'ai trouvé Karl Paquette assez crispé au premier acte pour ses solos, mais tout de suite après ce premier acte, il s'est bien affirmé dans le rôle et il campe un Basilio très personnel, plaisant, avec une veine d'acteur comique insoupçonné jusqu'à présent!
Pour une prise de rôle, c'est un franc succès! bravo à lui! :D
C'est un partenaire extrêmement attentif, et il formait un couple très complice avec Eleonora Abbagnato ; et oui, ses portées! j'en ai eu le souffle coupé!!!
De tous les danseurs/ses de la soirée, c'est elle qui m'a le moins charmé par son style : à mon goût, trop de minauderies et pas assez de force; elle a des bras très déliés, une belle technique, une très jolie silhouette, des équilibres très sûr, mais j'ai une autre vision de Kitri.En revanche, si elle danse un jour Aurore, je courrai la voir!
En fait, je n'ai eu d'yeux toute la soirée que pour Dorothée Gilbert : j'ai eu l'impression d'assister aux débuts de Moniques loudières que j'avais vu dans ce même rôle en 1981, qui m'avait éblouie, (elle éclipsait presque ce soir là Noella Pontois qu'elle remplaça cette même année dans Kitri pendant une tournée d'été en Italie, Noella s'était blessée) et qui était nommée etoile six mois plus tard : la même sublime technique, la même espiéglerie, le même piquant, un style très pur et très juste, un jeu d'actrice très réussie. Elle danse a la fois avec une grande simplicité, une grande classe, et en même temps, elle va au bout de tous ses mouvements. Elle accapare tout l'espace de la scène à elle, je ne l'avais encore jamais vue danser, j'ai été emerveillée; j'avais l'impression de revoir Don Quichotte, période Noureev, lorsqu'elle dansait.
D'autant qu'elle revient danser dans l'acte des dryades aux côtés de de Myriam Ould Braham et de Mathilde Froustey qu'elle éclipsait tout naturellement.
L'autre danseuse que j'ai beaucoup aimée est Nathalie Riqué : elle habite bien son personnage, elle a beaucoup de présence, et sa danse "un peu aguicheuse" contraste merveilleusement avec celles des amies de Kitri; c'est une bonne actrice aussi, et le couple qu'elle formait avec Espada (Yann Saiz) était très plaisant à voir: Passion, quand tu nous tiens! semblaient-ils dire tous les deux, en prise avec leur séduction, et leur jeu dansé, parade amoureuse colorée! :D
et puis Isabelle Ciaravola : magnifique dryade! les jetés à la seconde (? quels noms cela porte-til?) étaient suspendus en l'air, comme si elle était une plume; quand à la série de développé seconde...
Décidement, cette scène des dryades reste pour moi un grand moment dans l'univers du ballet classique: j'adore sa magie, son côté slave; c'est très habile de la part de Petitpas, de mettre en avant cette beauté irréelle de danseuses en tutus, qui évoluent dans un monde onirique, au milieu de toute cette fougue latine
Autre mention, les torréadors : je les trouve d'habitude toujours un peu ridicules, mais là! chapeau! ils m'ont convaincue!
Pour le reste, j'ai regretté le Don Quichotte de Jean Marie Didière, mais le sancho pança de Fabien Roques était très très drôle!

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:20
voici tel quel le compte rendu sur cette soirée donnée en 2004, écrit sur le site critical dance, danser en français; je le livre tel quel


représentation du 23 avril

Noces Nijinska
Je découvre pour la première fois ce ballet qui m'a énormément plu : j'ai beaucoup aimé la façon magistrale qu'a Nijinska pour sculpter l'espace; c'est vraiment une avant gardiste. Noces est l'une de mes partitions préférées et j'ai vraiment été fascinée d'un bout à l'autre par toutes ces figures qui se dessinent sur le sol; j'avais l'impression d'assister à une sorte de contrepoint dansé; c'est surtout le quatrième tableau qui est le plus réussi : lorsque toute la Noce est réunie, et que les principaux intéressés, assis à l'arrière scène, comme dans une niche, assistent, immobiles, à ce qui se passe  réellement sur scène.
Le style de Nijinska m'a rappelé par certains aspects celui de Martha Graham ( celui de steps in the street par exemple: pas de virtuosité, pas, de mouvements "décoratifs", une grammaire chorégraphique très stylisée,des costumes qui effacent l'individu au profit d'une vision de "groupe" ou chaque identité non définie compose quelque chose de vivant; mais en revanche, pas de solistes non plus et rien non plus sur le plan émotionnel comme sait le faire Graham.)
La langue est bien le français et j'ai compris dont viennent les doutes : les mêmes syllabes sont souvent répétées, ou en tous cas les mots s'assemblent pour leurs affinités sonores au détriment du sens. Musicalement, c'était très très bien chanté et joué dans l'ensemble, les quatre pianos et les percussionnistes jubilaient!
Bref, j'ai vraiment été ravie de voir ce ballet, mais un petit bémol : très déçue du rôle très réduit des deux protagonistes,car je n'ai pas vu Karin Averty depuis longtemps, et dans ce ballet, hélas, elle n'a pas vraiment la possibilité de déployer tout son talent!

Suivait donc Sacre de Paul Taylor : j'ai peu accroché à l'univers de cette relecture du Sacre, et j'ai été très gênée par la réduction pour piano à quatre mains: car la partition en "pâlit " beaucoup! :D
Cependant, quelques scènes m'ont vraiment plu : mention spéciale pour Ghislaine Reichert en maîtresse, qui a une présence électrique sur scène, beaucoup de charisme et une vivacité extraordinaire; pour Severine Westermann en souffre douleur, qui, elle aussi a beaucoup de charisme!
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout l'intrigue, ( ce qui était mon cas avant de lire le programme) il s'agit d'une répétion de danse court circuitée par tous un tas d'évènement inattendus : kidnapping, poursuite, mauvais garçons et policiers... un humour décalé, un peu à la B. Keaton!
Les scènes entrent l'escroc et le souffre douleur ainsi que les solos de la maîtresse sont celles qui m'ont paru les plus réussies

En ce qui concerne Septième lune , rien de bien formidable : une histoire simple, inspirée d'un Nô mais qui aurait pu être inspirée par tout autre chose; une femme abandonnée par celui qu'elle aime s'enferme dans la solitude; une chorégraphie banale, où s'enchaînent solo, pas de deux, groupes, le tout en noir et blanc sur une scène blanche avec quelques élèments noirs : cercle d'une horloge peinte sur la scène, même cercle qui se déploie au dessus de la scène
Mais rien à voir avec la magie des chorégraphies de Kylian : Stéphanie Romberg était étincelante dans Stepping Stone, là Bombana ne lui donne pas l'occasion d'exprimer tout son potentiel artistique; même chose pour Agnes Letestu et José Martinez qui paraissent ternes parce que la chorégraphie l'est; les passages qui m'ont le plus plu sont les passages de groupe ( huit garçons, huit filles) mais on ne retrouve rien de l'intensité qu'on peut retrouver chez un Béjart ou un Kyllian, ou même un E Lock, lorsqu'ils utilisent le langage classique;
Bref, j'ai passé une bonne soirée malgré tout, car j'ai pu voir et découvrir des danseurs que je ne connaissais pas, et Noces, à lui seul, m'a enchantée.
Mais il manquait un quatrième ballet, avec plus d'éclats, ou de feu, pour que la soirée soit équilibrée et ne laissent pas cette drôle d'impression d'inachevée...


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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:16
Voici tel qu'il a été écrit en 2004 sur le site critical dance, danser en français, un compte rendu de la soirée à l'ONP


représentation du 27 mars Belarbi Gillot
Bon, d'accord, j'ai toujours beaucoup aimé Carolyn Carlson; j'ai toujours aimé la fluidité de ses mouvements, la symbiose avec la musique, la vitalité, le sens du théâtre; même lorsque certains spectacles m'ont ennuyée, ( l'un de ses derniers solos au théâtre de la ville, mais j'ai oublié le nom) il y a toujours quelque chose malgré tout qui m'a touchée et qui m'a accompagnée longtemps

signes est un ballet vivant; sept tableaux qui m'ont un peu rappelé le film " hero" que j'ai beaucoup aimé
Pour chaque tableau, un climat, une libre interprétation de la couleur, au point que le corps du danseur s'efface parfois derrière le mouvement lui même
On est presque dans le domaine de la calligraphie ou le signe disparait derrière l'énergie captée par celui qui le peint, oui c'est cela, il reste l'énergie, qui se module à chaque fois de manière différente; ou bien la perception directe du mouvement reste seule visible

Chaque tableau m'a marqué mais il me reste surtout aujourd'hui des sensations, des images dont s'est emparé mon imaginaire propre : signe commence sobrement, derrière un rideau où est peint un sourire : première signe, dit le programme.
 
Dès que le rideau transparent et peint se lève, des couleurs éclatantes, vives, pastels, sombres, froides ou chaudes naîtront tour à tour
Le tableau en rouge, accompagnée par des glissando de guitare m'a évoqué le texas, la chaleur, l'infini, presque l'immobilité
Celui intitulé Loire du matin est plein de fraicheur ( j'adore les trois silhouettes, assises sur un pont, qui agitent leurs jambes)plein d'abandon : on sent l'été, les journées libres de toute contrainte avec la promesse que tout est possible, l'insouciance...
Dans un autre tableau, c'est le rouge et noir qui dominent, avec des sortes de roches qui sortent de la scène comme des dents gigantesques et menaçantes; les garçons en longs pantalons larges et haut moulant, rayés de rouge, évoquent à la fois des samourais de science fiction et ces drôles de petits insectes, "les gendarmes"
Inoubliable aussi, celui où trois danseuses en robe moulante et longue traine, mi queue de sirène, mi robe de princesse, évoluent avec de magnifiques mouvements de bras, comme si elles étaient dans l'eau, tandis que d'autres danseuses, chacune dans une couleur différentes, animent de leur mouvement en volutes le devant d'une toile posée sur la scène
L'avant dernier tableau où les hommes et les femmes sont moulées dans des robes ou des jupes qui collent à leur geste et portent des coiffes mi couronnes de roi, mi "mitre" crée une sorte de danse étrange, d'où l'humour n'est pas absent
Nikolais est là, quelque part, c'est sûr!
Et les rondes incessantes du dernier tableau en blanc et noir m'a rappelé la danse universelle des atomes
longs manteaux noirs ou blancs, rayés de noir ou de blanc, sauf pour les deux solistes, en noir et blanc; les silhouettes tournent, forment des rondes, disparaissent, s'associent, se séparent, se réunissent, redeviennent isolées, puis tout recommence
Dans l'ensemble, les danseurs étaient tous très en harmonie.
J'ai parlé hier de Martin Chaix : terriblement à l'aise dans ce langage, il était léger, incisif, avec beaucoup de présence; la précision de sa danse le disputait à sa grande vitalité, doublée d'une grande poésie dans les mouvements
Yann Saiz et Amélie Lamoureux ont dansé deux duos et ils étaient tout les deux impressionnants de fluidité et de force. Amélie avait la mouvance d'un grand serpent : très impressionnant et visuellement très beau; Yann était très très présent, avec une intensité très grande dans sa danse
Quand à Kader Belarbi : c'était une perfection!!! et en plus, il n'avait l'air de faire aucun effort : on aurait dit qu'il inventait les pas en s'amusant au fur et à mesure de la musique, de son imagination
J'ai trouvé MA G plus en retrait, mais très sensuelle, et très sobre : avec l'air d'être là sans être là; tout à coup elle apparaissait, presque irréelle; on oubliait sa corporéité, ce contraste avec Kader était très beau.Et puis tout à coup, on voyait ses bras merveilleux, ses longues jambes qui apparaissaient, elle retrouvait un corps, et tout changeait.
La musique en elle même ne m'a ni plu, ni déplu; elle coule facilement, elle sert bien la danse et les mouvements, elle n'est pas désagréable à entendre, mais seule, je ne l'écouterai pas.
Voilà,
j'ai passé un moment de poésie pure.Inoubliable!

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:11
Compte rendu écrit sur le site critical dance, danser en français, en février 2004. Je le laisse tel quel

Soirée du 24 février, Leriche/Pujol/Romberg

Si Nicolas s'est blessé hier, cela ne s'est pas vu sur scène sauf que :
sa toute dernière variation exige, je crois, un développé seconde ( saut assemblé, et développé seconde, vous voyez ce que je veux dire?) et je n'ai pas vu ce pas, c'est à dire la jambe droite qui développe après le saut; c'est peut être moi qui me trompe, mais je me suis posé la question. Bon, j'y reviens tout à l'heure

Cette soirée était inégale par les prestations des seconds rôles mais très émouvante dans son ensemble
acte 1

pas de deux des vendangeurs
Alessio Carbone a démarré sa variation sur les chapeaux de roue : tours en l'air superbe avec reception en 5ème parfaite, mais tout à coup, douleur? blessure qui se réveille? sa technique a décru à vue d'oeil : il ne parvenait plus à tourner ( tour en deux parties) et visiblement il peinait : je l'avais vu le samedi 21 dans Kylian où il étincelait, tout en étant très touchant, là, on voyait qu'il y avait quelque chose qui n'était pas dans l'ordre; c'était vraiment dommage
Il formait un joli couple avec Myriam Kamionka qui elle ne m'a pas tellement convaincue, surtout à cause de ses ports de bras : ses mains voltigent sans cesse, ses coudes sont cassés, je pense que c'est l'esthétique qu'elle recherche mais cela fait très très manièré, et a fini par m'insupporter. Le travail du bas du corps en est gâté. En revanche, elle n'avait pas la raideur des épaules qui m'avait gêné chez Mélanie Hurel, et elle avait, hormis ses bras, beaucoup de grâce, une jolie présence sur scène

Hilarion, Yann Bridard

extraordinaire! il prend le parti de camper un rustique garde chasse, et fait très "homme des bois" qui n'a reçu aucune éducation; ses gestes, preque minimalistes, sont très sobres mais, ô combien expressifs. Il réalise un contraste étonnant avec Albrecht, et les deux rôles s'enrichissent l'un l'autre.
Au deuxième acte, il fait passer beaucoup d'émotion: la peur, le regret de Gisèle, l'homme tout à sa peine.

Bathilde, Laurence Laffon
rôle non dansé, mais quelle présence; Laurence Laffon irradiait, une vraie princesse, avec l'élégance, la classe, l'aisance, et la aussi, les deux rôles Gisèle/Bathilde s'enrichissaient mutuellement : l'une qui peut être spontanée, libre, d'une certaine manière dans l'expression de ses sentiments, l'autre qui se contient
L'écuyer Alexis Renaud
petit rôle la aussi, mais bien : il n'est pas un écuyer confident, mais vraiment un petit mercure ailé, qui obéit et informe. Beaucoup de présence et de vivacité
Le corps de ballet était vivant, gai, très au point, mais les pauvres ont du suivre un tempo du diable : qu'avait Coleman ce soir là? Je n'ai jamais entendu une Gisèle être dirigée si rapidement pour les ensemble; les garçons finissaient par en avoir des gestes mécaniques; ils avaient parfois tout juste le temps de lever et de baisser les bras.

Gisèle et Albrecht

Je voulais revoir ce couple qui m'avait tant émue cet été et je n'ai pas été déçue; j'ai larmoyé dès l'entrée de Gisèle, et j'ai pleuré avec elle dès la scène de la folie, avec une boule dans la gorge tant l'émotion était intense.
Laétitia Pujol au premier acte est le bonheur de danser, d'aimer, de vivre; elle est juvénile, gaie, chaque pas est ciselé mais on s'aperçoit à peine qu'elle danse. Ses ballonés étaient très légers, espiègles, son entrée, primessautière.
Un peu timide au début, elle déborde vite d'amour pour Albrecht et montre son amour avec spontanéïté
A ses côtés, Nicolas Leriche avait plus de présence au premier acte que lorsque je l'avais vu en juillet; Il est séducteur, mais on comprend, lorsqu'il regarde réellement Gisèle, qu'il tombe amoureux; cela a lieu sous nos yeux : tout à coup, il est amoureux.Et sa danse change au cours du premier acte. Il ne cherche plus a se divertir, mais il aime.
Et lorsque la trahison éclate, il nie, puis est mal à l'aise, et tout à coup regrette;
A ce moment, Gisèle sombre dans son propre monde; tout autour d'elle semble être inexistant. Laetitia réussit ce formidable tour de force de nous faire croire que tout s'efface autour d'elle, et elle nous entraîne dans son monde où l'amour, la danse, la joie avaient sa place; les souvenirs passent, elle pleure, et moi aussi! Sa mort, sobre,mais bouleversante, ne me donne pas envie de quitter la loge pour l'entracte, mais de me remettre pour l'acte suivant!

acte deux

Myrtha Stéphanie Romberg

Je ne connaissais pas bien cette danseuse, juste vu le 21 dans Kylian où je l'avais adorée
Cela se confirme dans le rôle de Myrtha
Curieusement, on dirait plutôt un esprit de la terre, mais cela apporte un charme nouveau; ce n'est pas l'esprit volatile, mais la souverraine, puissante, d'un monde souterrain qui prend vit à la nuit.
Très belle technique, très sûre; belle présence en scène, visage fermé, mais qui doutera un court instant, très très beaux ports de bras, fermes mais souples. J'ai beaucoup aimé son interprétation et sa danse, et je vais m'attacher à la revoir!
Les deux willis n'étaient pas très en forme, en fait surtout l'une ( Dorothée Gilbert ou bienKarine Vigallessa? je ne les ai pas reconnues)
L'une a terminé tous ses tours en l'air en refermant ses 5ème une fois au sol, ce qui n'était vraiment pas beau, et elle avait peu de présence. L'autre ne m'a pas convaincue non plus par son peu de présence.

l'éclairage : monstreux : des auréoles jaunes, voir des petits arc en ciel sur les tutus blancs ; je n'ai vu que cela tout du long: ses horribles auréoles jaunes : on aurait cru que les tutus étaient mal lavés
Le corps de ballet s'est fait applaudir dans le croisement :D
Elles étaient très ensemble, aériennes, parfaites!
Quand à Gisèle : ouahhhhhhh: ses épaules tombantes, ses bras dans la continuité, son air humble, et sa légèreté : elle était vraiment très légère, y compris dans les nombreux portées. Très belle expression du visage aussi. Lorsque Albrecht ne la voit pas encore, elle le regarde avec un soupçon de malice et de regret;
sa première variation ( tour attitude ) était époustoufflant de virtuosité, jetés-assemblés et grand jetés vertigineux, et le tout, sans effort dans les bras!
pas aussi volatile que Bessmertova, mais très très spirituelle! :D
Quand à Nicolas Leriche , outre sa technique très sûre, il était très émouvant en amoureux qui a perdu celle qu'il aime et repentant
Ses entrechats 6 étaient époustoufflants: les derniers encore plus hauts et plus puissants que les premiers, et il en a fait, en a fait...
mais outre cette performance technique, il formait avec Laetitia un couple idéal, tout de poésie, d'amour, de sensibilité, de regrets et de protection mutuelle
J'ai pensé plusieurs fois à Noureev en voyant Nicolas dans ce rôle
A ce propos, je dois aller à sainte geneviève des bois ce dimanche; qui peut me dire où se trouve la tombe de Noureev pour que j'y dépose des lys blancs?

Je note dans l'orchestre les affreux bavardages des trombones, mais les jolis solos de flûte, de hautbois, et de l'alto, qui ont tous joué avec légèreté et sensibilité

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:03
Voici un compte rendu de la soirée Kylian à l'ONP en 2004, rédigé sur le site critical dance, danser en français
Je le livre tel qu'il a été écrit à l'époque


Il faut qu'une porte, et doux mensonges, soirée du 21 février, suite

Si je suis prête à revoir steppings stones, je ne suis pas prête du tout à revoir " Il faut qu'une porte..." Je me suis ennuyée à mourir, et pourtant ce ballet était magnifiquement dansé.
Mais...
Tout commence très lentement : un couple dans une chambre, en tenue un peu négligée; elle sur une chaise, un bouquet de fleurs à la main, s'en caresse négligemment le visage; lui assis, mourrant d'ennui semble-t-il; tout à coup, la femme jette son bouquet, l'homme se précipite sur le verrou de la porte qu'il tire; "ah, ça commence, me dis-je"
Mais suit un pas de deux mis assis,mi debout,  très très lent, ou les mouvements de corps de l'un se transmettent à l'autre; sur le plan technique, c'est magnifiquement fait: mais le costume d'Aurélie Dupont cache la moitié des mouvements ce qui fait que cela devient très vite très répétitif et lassant;
suit un court et éblouissant solo de l'homme, magnifique; "ah, ça commence," me dis je une seconde fois! mais non, cela s'arrête tout de suite. Et j'ai oublié ce qui se passe...
Ensuite, le verrou est tiré sur un montage de bruitage; suit une scène comique, qui tranche avec ce qui a précédé;Aurélie disparait; Manuel tire sur sa robe qui seule apparait dans l'entrebaillement de la porte. Les corps se heurtent, se désarticulent, l'un au contact de l'autre. C'est drôle, d'autant que la musique déroute profondément. Le changement de ton laisse présager une partie de ballet différente, mais très vite, la lenteur des gestes du début revient, et le ballet s'étire,comme au début, lent, un peu embrouillé... suscitant une certaine frustration...
Je pense que l'on peut adorer ce genre de ballet, qui, je le dis, est magnifiquement dansé. Mais le rythme est trop lent pour moi, et la scénographie pas très claire.

Doux Mensonges

J'aurais aimé ce ballet autant que le premier s'il n'avait pas été construit sur la musique vocale de Gesualdo et de Monteverdi
Le debut commence sur des chants georgiens, tout va bien mais tout se gâte pour moi dès le changement de musique : c'est fou, finalement, comme la musique, pour moi, prend autant de place que la danse dans un spectacle; c'est ce qui avait considérablement gâté ma joie pour "Hurlevent."

Le ballet en lui même est magnifique;
un mur gris ferme la scène sur la droite ( vu des spectateurs)
aucun décor, hormis un immense rideau nuage orangé, référence baroque, au dessus de la scène.
deux couples, des trappes, et la vidéo qui est tantôt présente, tantôt non.
Comme je l'ai dit ce matin, Alessio Carbone et Miteki Kudo ont créé une alchimie magnifique. Même lorsqu'ils ne dansaient pas, et se tenaient debout, côte à côté, ils créaient quelque chose de très fort.
Lorsque les couples disparaissent sous la scène, on entend des bruitages, bizarres, qui créent un climat assez angoissant, voire paroxystique, avec les aboiements féroces d'un chien qui se superposent à un enlacement du couple sur le sol.
Les couples semblent errer, chercher une issue qu'ils ne trouvent pas? A la surface, ils dansent, en sous sols, ils errent, ils cherchent.
Cecile Talon et Wilfried Romoli créaient un couple plus austère, plus détaché, plus froid, moins émotionnel que l'autre. Est ce voulu?
Jamais ces deux couples ne se rencontrent, ne communiquent.
En voyant les deux danseuses, Cécile et Miteki, j'ai été éblouie par la qualité de leur danse, de leur investissemnt sur scène et étais vraiment ravie de les découvrir dans des solos.

Ah, le programme ne met pas la photo des danseurs, non premiers danseurs ou étoiles, qui interviennent dans Stepping Stones. J'ai trouvé cela déplacé, compte tenu qu'il y a par ailleurs la photo de Mitéki et de Cécile, pour doux mensonges. Certes, elles interviennent en tant que soliste, mais cela m'aurait été à les reconnaître s'il y avait eu les photos de Stéphane Phavorin, Guillaume Charlot, ou Bruno Bouchet. Je n'ai reconnu que Jémémie Bélingard

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:00
Voici un compte rendu écrit sur le site critical dance, danser en français en février 2004. Il n'est pas véritablement rédigé comme un article; mais je le livre intact ici :


soirée du 21 février 2004

stepping stones
De loin, mon ballet préféré de la soirée! :)
d'abord, les décors : trois statues de chats dorés, au fond de la scène, dressent leurs silhouettes mystérieuses, bienveillantes, mais spirituelles, à trois stades d'enfouissement dans le sol: un triangle percé est suspendu dans les cintres d'où s'écoule une lumière dorée, qui dessine un cercle sur la scène noire; on dirait une Egypte ancienne mais devenue contemporaine, c'est très très impressionnant;
les danseurs évoluent par couple, chacun portant une pierre rectangulaire d'où émerge la silhouette arrondie de pierres : carré, triangle, cercle... on est dans une dimension spirituelle mais à peine évoquée
Cage, Webern : musique sublime, pleine de couleurs, magique, à la fois très ancienne et très contemporaine; les pianos préparés de Cage m'ont toujours fascinée : le son sonne comme s'il y avait des gamelan javanais qui soulignent les sons du piano; grande pureté et lumière qui ruisselent sur les danseurs
technique classique mais complètement inovante; Kylian n'en finit pas de renouveler le langage; l'oeil est sans cesse surpris, sollicité, mais jamais gratuitement; c'est fluide, humain
Les corps sculptent la musique, la rendant palpable
Le tout est très envoûtant, très mystérieux, et d'une perfection esthétique aboutie
Comme je ne vais pas souvent à l'opéra, je n'ai pas été capable d'identifier les garçons,(Stéphane Phavorin, Bruno Boucher, Guillaume Charlot,) sauf Jérémie Bélingard. mais pour les filles, c'était plus facile : Eléonara Abbagnato, fluide et douce, Stéphanie Romberg, très affirmée, parfaite, Laurence Laffon, que j'adore, d'une immense présence, d'un grand lyrisme,avec une technique très aboutie, et Isaballe Ciaravolla, magnifique : les quatre étaient vraiment sublimes :(

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 14:47
Voici un article écrit sur le site danser en français de critical dance en janvier 2004, quelques heures après avoir vu le spectacle, c'est donc un compte rendu " sur le vif" et non un article réellement rédigé ; je le laisse tel quel!

soirée du 3 janvier
ce fut un grand moment!...
Après toutes les critiques que j'avais lues, j'étais extrêmement impatiente de découvrir à mon tour ce curieux ballet. Je peux simplement dire qu'il m'a fait une très forte impression, et ce, grâce à l'interprétation magistrale de José Martinez J'ai eu les larmes aux yeux plus d'une fois. Il était totalement investi par Ivan.

Dès le début de l'oeuvre, après que le rideau, très vite, (pas d'ouverture, le spectateur est projeté immédiatement dans le ballet) se soit levé sur les 6 sonneurs de cloche, qui se livrent à des acrobaties dansées qui rappellent un peu celle de Quasimodo, on voit apparaître Ivan sur son trône. En noir. José Martinez était tellement habité par son personnage hier soir que j'en ai eu des frissons dès les premiers instants : proche de la folie, mais encore contenue, son visage expressif attire immédiatement l'attention; on veut savoir : qui est-il? Que veut-il? Ivan disparait derrière son trône, ne laissant apparaître qu'une main, puis réapparait bizaremment, et commence ensuite à descendre les marches déployant ses longues jambes en une gestuelle inquiétante.
Toute la soirée, ce danseur halluciné, déploie à la fois une technique de danse parfaite, maîtrisée, flamboyante, virtuose mais jamais gratuite, et un sens du mime, de l'expression, forçant une émotion intense chez le spectateur. Son visage s'illumine seulement en présence d'Anastasia, émouvante et sublime Delphine Moussin à la silhouette superbe, aux bras déliés, aux gestes moelleux; cette danseuse est extrêmement musicienne et sa poésie intense parvient seule à adoucir Ivan. Elle aussi m'a émue aux larmes plus d'une fois, notamment dans sa scène de désolation, au début du premier acte, lorsque Ivan est parti au combat. Au début de l'acte 2, elle a si bien réussi a adoucir Ivan, que celui ci quitte ses noirs habits pour un vêtement blanc, comme celui de son épouse qu'il aime tendrement ( scène d'amour du début de l'acte 2) il quittera ce blanc vêtement pour revêtir ses noirs atours dès l'assassinat de celle ci.Sa destinée change elle aussi.

Une scène touchante et symbolique : la maladie d'Ivan. ( avant dernière scène de l'acte 1) Celui ci se traine misérablement tandis que Anastasia le soutient au sens premier du terme, l'aidant, de son long sceptre, à se redresser. Les portés sont étonnants, surtout l'un des tous premiers où se dessine fugitivement, tandis que Ivan a porté son choix sur Anastasia et la soulève verticalement, la croix orthodoxe.
Soviétique, oui, le ballet l'est ( !!!) surtout à cause de l'utilisation constante d'accessoires : épées, mouchoirs, bougies, drapeaux, cimeterres, lances, cordes, fouets, faux, et j'en oublie, les danseurs dansent constamment avec quelque chose dans les mains, ce qui induit une gestuelle autre que dans un ballet sans accessoires.

Toutes les scènes sont surprenantes : scène des sonneurs de cloche, qui changent de costumes au gré de l'intrigue, et rythment cette fresque de leurs acrobaties, et de leurs figures écartelées; fiancées avec leurs longues robes blanches et leurs mouchoirs,qui glissent comme les danseuses russes, scène de batailles, où les boyards, les tatars, les porte drapeux, les visages de la mort, en différents groupes parfaitement orchestrés, traversent à toute allure la scène en sautant d'un bout à l'autre, scène de la douleur d'Ivan, après la mort d'Anastasia, où il reste allongé un long moment, seul en scène, sans bouger, tandis que le meilleur de lui même disparaît à cet instant; il réapparait dans la scène suivante, cette fois ci plus cruel, plus ténébreux que jamais, avec son sceptre dans une main, un fouet dans l'autre, tandis qu'apparaissent ses gardes noirs munis de fouets, eux aussi, féroces. Cette scène dégage une puissance extrême; scène dans l'église, déjà citée par Jean luc, où les contrastes noirs et blancs sont renforcés par des éclairages somptueux. Scène du bouffon, où sur des glissando de cuivres, Ivan déguisé en bouffon, avec un masque blanc qui fait plus peur que rire, raille les boyards qu'il va assassiner, en une pantomime qui met mal à l'aise par son aspect grotesque et féroce, tandis qu'à l'arrière scène, comme des figures d'un bas reliefs, trois autres bouffons singent les boyards.

Bref, le ballet entier m'a plu, mais parce que le mime,la pantomime, très expressionnistes, se mélange à une danse qui utilise des pas empruntés à différents folklores dont le georgien ( beaucoup de sauts avec receptions sur les genoux) tandis que les femmes ont une danse plus épurée, ce qui contraste avec l'aspect viril et guerrier des hommes.
Les décors sont sobres et servent d'écrin à des costumes "efficaces" Longs manteaux, tuniques transparentes, vêtements noirs d'Ivan où seuls la fantaisie de quelques pierreries apporte un peu de couleurs, vêtements plus barbares des Tatars. Peu de couleurs au total : noir, blanc, crème, tons pastels, sur fond de bois légèrement doré comme les cadres des icônes russes.
L'orchestre s'est montré à la hauteur : il m'a lui aussi, donné des frissons.
bref, effectivement, ce spectacle a un côté excessif et tourmenté, avec de nombreuses scènes de foules, qui alternent avec les solos d'Ivan, et d'Anastasia et de Kourbski (Karl Paquette remplaçait Hervé Moreau, il a une présence physique sur scène grandissante, et une technique qui s'affirme : il s'est lui aussi donné tout entier à son personnage) mais ce côté halluciné, extrême, passionné m'a profondément marqué au point que Ivan m'a hanté toute la nuit...
je regrette seulement de n'avoir pas pris de place pour le voir dans une autre distribution... je suis sûre que l'interprétaion de Leriche était toute autre et j'espère que j'aurais l'occasion de le voir.
en tous cas, une immense, immense salut à José Martinez que je découvre pour la première fois dans un rôle aussi tourmenté....

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 12:40

voici une critique écrite sur le forum critical dance, danser en français, écrite en juillet 2003; je la livre ici telle quelle


7 juillet : une perfection

Gisèle est et restera de tous les ballets mon préféré : je ne saurai expliquer rationnellement ce qui me lie affectivement aussi puissament à ce ballet, mais le fait est qu’il met en vibration des émotions profondes. Je l’ai vu et revu en trente ans des dizaines de fois, aussi bien à l’opéra de Paris que par des compagnies étrangères, et j’ai le souvenir de représentations bouleversantes, du fait de la présence de Noella Pontois, et d’autres très décevantes, frustrantes même. D’autres ne m’ont tout simplement laissé aucun souvenir…
La représentation du 7 juillet a été éblouissante. Elle a presque touchée à la perfection.

Dès son entrée, Laétitia Pujol-Gisèle qui m’a mis les larmes aux yeux toute la soirée, campe son personnage avec un art accompli : légère, espiègle, timide, naïve, aimant la danse par dessus tout, tout y est. Elle semble d’ailleurs non pas danser mais tout simplement « être » sur scène. Toutes ses variations sont enlevées, tout à fait dans l’esprit romantique avec ces ports de bras et du buste légérement en avant, ses batteries d’une grande précision auxquelles elle ajoute beaucoup de spiritualité. Sa légéreté, sa fraîcheur, sa juvénilité sont parfaites.
De plus, Laétitia Pujol joue avec les temps musicaux d’une manière étonnante : ralenti, acceléré, petite seconde supplémentaire prise ici et rattrapée là, tout est parfaitement maîtrisé avec une telle aisance qu’elle semble inventer les pas au fur et à mesure, au gré de son humeur.
Le couple qu’elle forme avec Nicolas Leriche est crédible, même si ce danseur, au premier acte, dansant peu, semble un peu chercher ses marques.
Wilfried Romoli-Hilarion est un garde chasse un peu violent, impulsif, et franchement antipathique. Il semble possessif, jaloux et plein de haine : Il a beaucoup de présence sur scène.
Mélanie Hurel m’a très peu convaincue dans le pas de deux des Paysans ; j’ai trouvé son dos et ses épaules extrêmement raides, et le reste mièvre. Benjamin Pech a une belle technique.
Mais je dois avouer que ce pas de deux m’a toujours un peu ennuyée…

La seconde variation de Gisèle, lorsque celle ci reste en équilibre sur pointe en sautant et en faisant des battements de l’autre jambe ( quel est le terme technique ?) peu parfois sembler un peu ridicule :j’ai vu de grandes ballerines avoir franchement l’air bête en le dansant : mais Laétitia Pujol, une fois de plus, danse ce pas avec un naturel et une grâce que je n’ai vus que chez Noella Pontois.

En revanche, pour la scène de la folie, il me semble qu’elle gagnera en puissance dramatique avec les années. Elle est émouvante, mais non poignante comme peuvent l’être certaines Gisèle.

Le second acte fut PARFAIT.
D’abord, les Willis : jamais je n’ai vu un aussi bel ensemble. Tout y était : la perfection des lignes géométriques, la légèreté, l’aspect fantomatique, la poésie, et la douleur aussi, tous ces ingrédients romantiques habitaient parfaitement les willis de cette représentation.
Même lorsqu’elles se croisent en arabesque, en avançant sur un pied, pas un peu lourds et pas toujours gracieux, elles restent de vrais Willis.

Delphine Moussin Myrtha est la première reine qui me convainc autant : elle a la froideur, la dureté, l’intransigeance du rôle, mais heureusement,   ses bras, son buste, ses épaules restent souples, habités, « onctueux » et non raides comme chez beaucoup de Myrtha que j’ai vues. Elle est impériale, immatérielle dès son entrée sur pointes, ses équilibres sont parfaits, sa variation ne donne l’impression d’aucun effort. Bref, j’ai été éblouie. Elle danse avec une intensité étonnante et ses jetés sont d’une grande élévation et hauteur. Elle retombe avec légèreté

Quand à Nicolas Leriche, son entrée est toute en sensibilité, en poésie, et au second acte, le couple qu’il forme avec Gisèle-Laétitia est bouleversant.
Ses deux dernières variations sont d’une grande maîtrise technique et dramatique. Notamment son éblouissante batterie finale. Son personnage lâche du premier acte s’est transformé en amoureux transis d’amour et de douleur : il est poignant.
Quand à Laétitia, je craignais que son second acte soit moins accompli artistiquement : il n’en était rien. Elle était d’une justesse de ton, touchante, modeste, débordante d’amour et de pardon, avec une sensibilité extraordinaire doublée d’une maîtrise parfaite.Elle est digne, elle est, tout fantôme qu’elle est devenue, femme.
A tout moment, elle emplit toute la scène de sa présence fantômatique, pleine de souvenir, de nostalgie de cette vie terrestre où elle vivait et dansait.

Bref, mis à part l’orchestre, qui une fois de plus s’est révélé dans toute sa médiocrité, ( l’alto solo du deuxième acte a joué faux d’un bout à l’autre et décalé avec la harpe, c’était ignoble, j’aurais eu honte à la place du chef,et les contrebasses dès le premier acte ont fait d’horribles fausses notes… et j’en passe : ils ont saccagé une partie de mon émotion) c’est l’une des plus belles représentations de Gisèle que j’ai vues.

 

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 11:40
voici mon premier compte rendu de ce ballet, qu'ensuite, j'ai adore : cela prouve que le regard sur une oeuvre peut changer du tout au tout! je vous livre telle quelle ce premier article écrit sur critical dance ou je fais allusion aux autres critiques des spectateurs ; je fais allusion au " ballet imaginaire" que je m'étais inventé : la deception dans nos vies vient souvent de la différence qu'il y a entre ce qu'on imagine et ce que la réalité nous donne...
Après cette première version Kader Belarbi a remanié son oeuvre.


J'ai vu hurlevent le 28 février ( 2002), et j'ai un point de vue un peu différent de tout ce que j'ai lu jusqu'à présent.  l'enthousiasme des critiques que j'ai lues est très rafraichissante,   et je suis ravie de voir que certains spectateurs sont emballés,
pour ma part, j'ai été en partie déçue donc j'apporte un regard différent : <  bien que j'aie trouvé les danseurs dans l'ensemble parfaits, beaucoup de choses dans ce ballet n'ont pas comblé mes attentes ( autrement dit mon propre ballet imaginaire!)tout d'abord, la musique de philippe Hersant s'est un peu trop inspiré des oeuvres de Stravinsky, Bartok ou Debussy, à mon goût, puisqu'il n'hésite pas à citer textuellement des phrases entières, décalquer des rythmes, user des mêmes effets que dans Noces de Stravinsky par exemple, mais le tout agencé d'une façon excessivement lourde ( je suis musicienne et je connais par coeur la plupart des partitions de ces auteurs)<BR>ce manque d'originalité (comparé à la partition de clavigo) m'a choquée et surtout la lourdeur de l'orchestration est indigeste ( je suis pourtant férue de musique contemporaine, mais là...

pour ce qui est du ballet, si Marie Agnès Gillot m'a fait vibrer de bout en bout, (quoique je n'ai nullement reconnu la Cathy du livre, cruelle, rebelle, méchante par moment tiraillé entre ses propres démons au moins autant que Heathcliff) elle est bien la seule : mais comment se fait il que  Nicolas Leriche  disparaisse à ce point?
en noir, sur fond noir, entouré d'hommes en noir... éclairé au minimum... toujours à demi courbé... il n'était vraiment pas en valeur ce soir là! ( peut être les autres soirs?)

Si la première partie m'a assez plu, ( on découvre les personnages, les styles, l'histoire se met en place, les scènes sont contratés)la deuxième partie m'a paru confuse, longue et répétitive, hormis les solos de MAg, lumineuse, magique, irréelle, techniquement irréprochable ( ah, vivement qu'elle ait Le titre!) et la fin m'a paru absolument interminable

la scène des canapés m'a rappelé en plus raté celle des brancards dans ballet for the life de Béjart ( même principe!) et sincèrement on ne comprend pas grand chose...les gilets enfilés les uns sur les autres m'ont plutôt fait sourire... je me posais la question de savoir combien il allait en enfiler et s'il n'allait pas finir en bonhomme michelin...< symbolique de l'homme qui sent la mort venir et refuse de se dépouiller du peu qu'il a eu?>je ne sais pas... les danseurs étaient dans l'ensemble mal éclairés, et ces blancs et noirs, vraiment déprimants<BR>Gisèle, qui est pourtant blanc et noir, est tellement plus lumineux à côté : oui, les éclairages sont à revoir! <

>j'avais tant aimé la scène première avec les fleurs! dans le livre, il y a beaucoup d'autres scènes de ce genre : c'est dommage qu'il n'y ait pas eu plus de contrastes, plus de rythme...mais une fois encore, tout cela par rapport à ma propre attente..bref, j'aurais beaucoup d'autres choses à dire pour exprimer un point de vue un peu différent de tout ce que j'avais lu jusqu'à présent.  Mais je vais finir sur du positif! les danseurs de l'opéra sont vraiment magiques, je vois beaucoup de danseurs de petits compagnies quasi inconnues, et ceux de l'opéra sont d'une qualité vraiment exceptionnelle  Cathy, j'ai revu le danseur qui avait attiré mon attention chez Bianca Li : il était à gauche, sur la scène, en deuxième position dans la scène des paysans : brun, pas très grand... et ce n'est pas Alessandro Carbone, avez vous une idée?Je vous sollicite une fois encore! merci d'avance...pour conclure : je suis malgré tout très contente d'avoir vu ce ballet : pourquoi? parce que la création est la vie de l'art : aimer ou non n'a finalement que peu d'importance face au geste créateur.Le goût personnel est de peu de poids face à la création artistique... donc je m'incline...


( NB 2009 Le danseur est Martin Chaix; sujet extraordinaire qui a récemment quitté l'opéra de paris pour aller danser dans une compagnie étrangère; quel dommage, je l'adorais!!!)

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