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  • : Un jour, une œuvre, par Valérie Beck
  • : Créé en 2006, ce blog rédigé par Valérie Beck a évolué au fil du temps. Il est consacré principalement à la danse, mais est ouvert aux autres arts.
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 20:54

 Je n'ai nulle intention d'écrire ici un article relatant la vie de T E Lawrence, appelé Lawrence d'Arabie, mais simplement de dire que je fais partie des êtres qui sont fascinés par cet homme hors norme...

 

Curieusement, lorsque je pense à Lawrence, c'est comme à un ami perdu... mais je ne suis sans doute pas la seule... il suffit d'écouter les frères Poivre d'Arvor l'évoquer longuement, lire les deux livres qu'ils lui ont consacré, comprendre tout l'amour qui les lit à Lawrence pour réaliser que ce dernier a de part le monde pleins d'amis inconnus, bien après sa mort...

 

Le film de David Lean en a fait un héros romantique aux magnifiques yeux bleus et l'a rendu terriblement populaire. Il  m'a bien sûr fait une très forte impression enfant... mais cela n'aurait sûrement pas suffi a laisser en moi cette trace indélébile, cette fascination pour un être qui a eu une vie passionnante, si le modèle n'était pas en lui même terriblement attachant... pourquoi si attachant? Est ce sa quête d'un absolu? le peu d'importance qu'il attachait aux honneurs? Son âme trop grande pour lui? Son goût de la réclusion à la fin de sa vie? Ses chagrins? Sa vie héroïque? Sa passion pour la culture arabe? Son érudition? Sa façon incroyable de brouiller les pistes en empruntant moult personnalité? Cette impertinence à demander à redevenir simple soldat dans la royal air force, lui qui était devenu général? Son mépris pour la hiérarchie militaire qu'il servit d'un ^coté et desservit de l'autre? Son amitié pour un jeune ânier du nom de Dahoum dont il fit de si belles photos? Ses talents photographiques? Ses écrits? Tout cela à la fois? Rien de cela?

Comment savoir!

Peut être est ce tout simplement ce sentiment de trahison qui l'a accompagné toute sa vie : il est Anglais et veut créer une nation arabe, qu'il promet aux Arabes, en sachant qu'il trahit sa nation, qui veut contrôler à la place des Turcs et des Allemands les territoires arabes, quand Lawrence les veut LIBRES...

Et cette tristesse sans fond, au traité de Versailles devant la signature d'accords tenus secrets, qui ne prend pas du tout en compte les territoires politiques, et trace les frontières aux cordeaux...

Beaucoup de problèmes d'aujourd'hui viendraient en partie de ses fameux accords français appelés "Sykès- Picot", signés en 1916...

Lawrence est comme un fantôme qui réclame la paix!

 

  Dahoum

 

Il  est mort dans l'anonymat et la réclusion... sans avoir trouvé la paix avec lui même, ni même le bonheur... et pourtant, en Syrie, ou en Iran, en Egypte, il a sans nul doute connu ses heures les plus heureuses...

Enfant d'une famille de cinq fils, bâtard, élevé dans la pure tradition anglaise, rien ne le prédestinait à devenir le levier, l'instrument de la révolte arabe, pendant la première guerre mondiale...

Il  réussit à féderer entre eux les chefs de différentes tribus bédouines qui se détestaient depuis si longtemps qu'on en avait oublier les causes, afin de chasser les Turcs des territoires arabes. Comme les Arabes, il rêva d'un territoire arabe, d'une nation arabe...

Et  pourtant, il  eut toujours, longtemps après, de retour en Angleterre, l'impression que sa vie avait été inutile, qu'il n'avait pas su lui donner un sens...

Lui, qui, féru d'archéologie parcourut en tous sens la Syrie et une partie de l'Iran par un été caniculaire pour faire des relevés, des plans, s'imprégner de la culture et de la langue arabe, lui qui finit par s'habiller et vivre comme un bédouin, supportant sans rechigner la faim, la chaleur, les privations... lui qui fut un chef sans jamais en revendiquer le titre, sachant offrir aux Arabes l'honneur que les Turcs leur avaient pris... lui qui fut l'ami de Faysal et qui à ses côtés se rendit au traité de Versailles, porte en lui, profondément, un rêve qui prit son envol, sans que cela ne suffit à le rendre heureux...

 

le chateau des Krak

 

C'est sa passion pour l'archéologie, pour Chateau Gaillard, chateau fort construit par Richard coeur de lion, qui le conduit en Syrie alors qu'il est encore étudiant... il tombera amoureux des lieux, de la langue, de la culture arabe, qu'il finira par parler parfaitement ainsi que de nombreux dialectes...

L'université anglaise l'enverra ensuite étudier le site de Karkemish, mais en fait, il fera déjà des relevés de cartes, utiles en ces temps troublés à la guerre qui lève : l'Allemagne, grande alliée des Turcs, les aide à construire une ligne de chemin de fer qui précisément passe par là... cette même ligne que Lawrence et ses Bédouins attaqueront à la dynamite inlassablement...

 

Bas relief trouvé à Karkemish

Et Lawrence, tout en fouillant les lieux, dresse des cartes, les envoie à l'état major... fait un relevé typographique on ne peut plus précis... l'air de rien, au nez des Allemands...

 


 

Le reste les livres   retracent sa vie, le film la montre... et pourtant, l'énigme reste entière, y compris sur sa mort... suicide, accident, assassinat?

 

 

 

Faysal, au premier plan au traité de Versailles

Lawrence, juste derrière à droite

 


 

Voilà plusieurs ouvrages qui m'accompagnent :

Le découverte Gallimard, bien illustré

 


 

Le magnifique ouvrage des frères Poivre d'Arvor, merveilleusement écrit, avec de très nombreuses photographies prises par Lawrence. Les deux frères ont hanté TOUS les lieux où s'était rendu Lawrence, ont dépouillé toutes les archives...

 


 

Les sept piliers de la sagesse, écrit par Lawrence lui même, qui avait perdu dans un train son premier manuscrit ( pas moins de 1000 pages ) et a tout réécrit ensuite en Angleterre... c'est un ouvrage étonnant, dense, étrange, envoûtant, où Lawrence brouille les pistes...

 


 

 

 

 

 

Les frères d'Arvor ont été tellement ébranlé par Lawrence qu'ils lui ont aussi consacré un roman, disparaitre... simplement émouvant...

( peut être à suivre?)

 


 

A lire aussi

 

ci joint la carte des accords Sykès Picot

Faysal et le traité de Versailles, compte rendu 

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 15:12

 

Jérémie Bélingard vient d'être nommé danseur étoile...  à chaque fois que je l'ai vu danser, il m'a laissé un souvenir indélébile : il a une puissance dans sa danse magistrale. Il investit chaque rôle avec un engagement sur scène très rare. Il a une capacité à susciter chez le spectateur des émotions et des réfléxions profondes. Et il se dégage de lui quelque chose de très animal, parfois même de violent, rarement vu chez une étoile... en tout cas jusqu'ici... mais a t'il réellement l'étoffe d'une étoile?

 

  Du point de vue des défenseurs de la tradition classique,ce titre ne lui revenait pas de droit... pourquoi?

Sans entrer dans le débat - moi même me moque complètement qu'un danseur soit étoile ou pas - je remarque en tous cas ces dernières années un changement dans la façon de nommer les étoiles. C'est la directrice de la danse, qui propose - donc B Lefèvbre, - et le directeur de l'opéra qui donne son accord ou pas - G Mortier, qui laisse le champ libre à B Lefèvbre, puisque la danse... il s'en fiche!

 Ces derniers années, ont été nommés des danseurs et danseuses à forte personnalité, capables d'exceller dans le repertoire contemporain, ce qui autrefois, était assez rare. L'Etoile devait avant tout exceller dans le répertoire classique...  aujourd'hui, il semblerait que le tempérament artistique, l'engagement de l'artiste sur scène, sa puissance émotionnelle, passent avant la perfection technique, la virtuosité, la brillance, l'endurance physique, qu'on n'imagine même pas quand on essaie!

Personnellement, ma sensibilité assez proche d'une certaine danse contemporaine s'en réjouit... ainsi voir des ballets comme ceux de Prejlocaj, Malandain, Mats Ek, ou dans un genre plus néo classique, comme ceux de Béjart, Neumeir ou de Petit, ou encore les créations de Belarbi et de Leriche,  me nourrit tout autant que de voir les grands classiques du répertoire. C'est une autre approche du mouvement de la danse.  

 

Mais qu'est ce donc qu'une étoile? Un danseur ou une danseuse à la technique irréprochable, à l'endurance immense, et surtout au charisme gigantesque. Uner personnalité magnétique, qui connaît toutes les nuances de la technique classique et la maitrise impeccablement.

Une étoile brille sur scène plus que les autres, etse joue comme elle respire de toutes les difficultés techniques... une étoile est capable de rafraichir un rôle en lui apportant son intelligence, sa compréhension profonde du personnage qu'elle doit interpréter. Enfin, une étoile laisse baba d'admiration... sa réputation dépasse les frontières : elle brille sur toutes les scènes du monde, elle devient une référence... presque une icône...

Les dernières grandes étoiles féminines étaient, à mes yeux, M Loudières, et avant elle N Pontois...

Depuis si j'aime voir Pujol, ou Osta, ou M A Gillot dans certains rôles où elles excellent, je ne connais plus ce frémissement total lorsque je voyais Pontois, quel que soit le rôle... Ces nouvelles étoiles brillent mais pas forcément dans tous les rôles... et c'est cela que regrette les balletomanes : qu'il n'y ait plus actuellement ces êtres hors norme capables de s'approprier tous les rôles, qu'ils soient issus du répertoire classique ou contemporain...

Je ne suis effectivement pas sûre que Bélingard puisse être à la fois un fabuleux Désirée, ou Siegfried, ou Albrecht... mais un interprête extraordinaire de rôles plus contemporains, comme celui de Caligula, oui.

Car Bélingard   a une aura, une présence immense... et je le revoie encore, quatre ans plus tard, dans Phrase de Quatuor de Béjart, comme si c'était hier!

Pourquoi ce changement à l'opéra de Paris?

B Levfèvre elle même est issue de la danse contemporaine et donne cette coloration à l'opéra : c'est une ouverture. Mais il est vrai que les grands classiques sont peu à peu délaissés... Raymonda n'a pas été donné depuis 10 ans, et certains ballets ne sont plus dansés comme ils l'étaient à l'époque de Noureev ( qui lui aussi se moquait du titre pourvu qu'on ait le talent!)... il y a gain d'un côté, et appauvrissement de l'autre...

 


 

Qu'est ce que je pense de tout cela personnellement?

Je pense que ce n'est pas tant un problème de danseurs que de direction de la danse... J'aime l'ouverture apportée par M Lefevbre, mais je regrette énormément une personnalité comme celle de Noureev, ouvert au contemporain, mais fou amoureux du classique... je n'ai jamais retrouvé l'euphorie en allant voir un spectacle classique qui s'emparait de moi de son vivant : de l'émotion, oui, du plaisir, oui, mais ce moment de fête absolue hors du temps a disparu...

Il faut espérer que si changement de direction il y a, ce sera en faveur d'une personnalité qui a un grand respect pour les ballets du repertoire  : imaginez que du jour au lendemain on ferme au Louvre toute l'école classique, les Poussin, et autres pour ne garder que des oeuvres du 20ème! Car peu à peu, c'est un peu l'impression que l'on a : on garde les classiques, car ils font recette : on fait de l'argent, et moins d'art...

Car si j'aime profondément certains chorégraphes contemporains invités à Paris,  je crois aussi fermement en la vocation classique, en premier lieu de l'opéra de Paris... il ne faudrait pas qu'à force de ne plus les danser, les ballets finalement se perdent: car il n'y a de transmission qu'orale. Et un danseur qui n'est pas assez rôdé à un rôle ne pourra pas le transmettre avec force, éclat et talent!

On parle de Manuel Legris pour prendre la succession... ce serait sans doute un grand bienfait pour l'opéra car M Legris a tout dansé, et précisément, il a rayonné en véritable étoile! Autant Prince qu'excellent interprête d'oeuvre comme Sylvia ou Doux mensonges et bien d'autres encore...

 

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 09:46

 j'ai découvert Signes de Carolyn Carlson en 2004 à l'opéra Bastille : véritable engouement pour ce ballet!a peine étais je sortie de la salle de spectacle  que déjà je voulais   retourner le voir!

Voici deux bonnes nouvelles!

La première : cette chorégraphie est sortie en dvd, et je me suis précipitée pour l'acheter, malgré son prix!

La seconde : ce ballet sera redonné la saison prochaine à Bastille : j'y retourne!

Certes, une fois de plus, avec le DVD, on perd 50 pour 100 de ce que l'on peut ressentir dans une salle de spectacle, mais bon... c'est mieux que rien, n'est ce pas???


je ferai un article sur Carolyn Carlson prochainement. Dans ce travail, on voit la filiation qu'il y a entre elle et Alvin Nikolais ainsi que Martha Graham ( rien que par les costumes!!!)

C'est une oeuvre complète que ce Signes. La peinture est le point de départ. A partir de ses propres toiles,   Olivier Debré réalise des décors  à grande échelle.  Il va aussi, - et c'est logique- concevoir les costumes qui sont d'ailleurs d'une immense poésie.

 Carolyn Carlson, elle, va se nourrir de l'énergie de la peinture pour mettre en mouvement les corps. Quand à la musique, elle est écrite sur mesure par René Aubry qui collabore avec Carolyn Carlson depuis très longtemps.

Le résultat est un ensemble plein de vie, de couleur, d'énergie, de gaite, de fantaisie, le tout d'une grande simplicité et lisibilité comme Carslon seule en a le secret...

Ainsi, même avant d'acheter le DVd et de revoir Signes, j'avais en mémore les petits pieds des danseuses qui barbotent danas l'eau, kader Belarbi et son cannotier, dans la belle lumière de l'été, les énigmatiques moines de la baltique en rouge et noir, la sculpturale M A Gillot, qui fut d'ailleurs nommée étoile sur ce ballet, les silhouettes comme des flammes des danseuses en robe moulante ( clin d'oeil à Graham) le yin et le yang dansant sur la scène...

bref, il me restait en mémoire des sons, des couleurs, de la lumière, de la vie, de la gaité... un spectacle vivant, cohérent, véritable hymne aux vibrations que sont le son, la couleur, le mouvement...

Signes est un ballet sans " message" mais profondément spirituel car il se nourrit à la source même de la vie : l'énergie, c'est dont parle aussi bien les Chinois ( le Chi) que les Indiens...

Il y a aussi tout ce travail fait sur la couleur, sur la lumière : on passe de l'ombre à la mi ombre, au plein soleil, couleurs lunaires cèdent la place aux couleurs solaires, la scène rouge sang, devient bleue pale, et puis les décors sont mobiles, ils bougent, ils sculptent l'espace agrandissant ou rétrécissant l'espace scénique.

La musique, simple, un peu facile parfois, est là pour donner le diapason : comme une harmonique qui amplifie le travail de couleur et de mouvement...

bref, un spectacle d'art total, envoutant, grisant, dont on ressort le corps léger, l'âme légère, avec une envie absolue de couleur, et un amour immodéré pour la lumière... sans elle, on ne verrait rien...

Carlson, que j'ai souvent vue au théâtre de la ville, dans des oeuvres qui m'ont tour à tour plu ou déplu,  a réalisé pour l'opéra de ballet l'une de ses plus vivantes chorégraphies...

C'est Pietragalla qui avait créé le rôle féminin

Quand à Patrice Besombes, il a réalisé les lumières, et c'est un travail souvent peu salué qui est vraiment fabuleux sur cette oeuvre.


Signes, édité chez Bel Air.

actuellement, C Carlson dirige le centre chorégraphique de Roubaix :

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 15:35

Ce film, de Nicolas Ribbowski, est particulièrement fort et touchant. Il a été réalisé en 2005.

Mais avant d'en parler, quelques mots sur P Dupond,que j'ai vu sur scène lorsqu'il était l'un des meilleurs danseurs classiques du monde!

A 17 ans, il remporte le grand prix de Varna, avec une telle différence de points d'avec les autres candidats que le jury ne donnera pas de médailles d'argent cette année là...

Etoile adulée, directeur de la danse, P Dupont qui a dansé sur toutes les scènes internationales connaît gloire, succès et honneur très jeune... jusqu'à ce que....

Et bien la roue tourne... exclusion de l'opéra de Paris qui le renvoie  pour un vague motif d'absence à une répétion d'un ballet qu'il ne dansait pas (il gagnera son procès contre l'opéra) accidents très graves, dépression, prison, abandon par presque tous, sauf un petit groupe de fidèles amis... P Dupont connaît alors une traversée de désert terriblement douloureuse....

Jusqu'à ce que C Bessy lui demande de remonter sur scène à l'occasion de ses 60 ans d'opéra de Paris... il a quarante cinq ans, âge auquel les danseurs ne dansent plus... d'ailleurs, il ne danse plus depuis un moment... Il ne sait s'il peut accepter. Il  n'est plus le danseur qu'il a été... il n'est d'ailleurs plus que l'ombre de celui qu'il a été... et pourtant il se laisse convaincre.

Et c'est là que le film commence : on suit tout le travail que P Dupond va effectuer dans l'humilité la plus absolue  pour cet unique retour sur scène. Il dansera    Salomé que M Béjart, un ami, a réglé pour lui...

J Marie Didière le prend sous son aile pour lui redonner confiance... en lui, mais aussi en son corps qu'il va remettre au travail de A à Z. Ce sont des moments très émouvants dans le film :  P Dupont travaille à la barre sous l'oeil vigilant, tendre, attentif mais sévère aussi de son meilleur ami depuis l'enfance (tous deux, se souvient C Bessy étaient les garçons les  plus turbulents de l'époque!!)

Pendant le film, P dupont revient sur sa carrière : il a dû mal à savoir très exactement qui il a été... mais on sent que la danse est toujours au coeur de son âme.

A la fin du film, on le voit donc danser quelques minutes de Salomé lors de ce grand gala très solennel.


Très sincèrement, la première fois que j'ai vu l'extrait de Salome, je me suis dit : " oh là là, il n'est plus le danseur qu'il était"  et ça  m'a   fait mal de le voir grossi, plus aussi agile, empâté...

Mais lorsque j'ai revu pour la seconde fois ce documentaire, j'ai laissé tomber mes attentes ( une fois de plus) pour visionner une fois encore ce Salomé dané par un P Dupond de 45 ans : je me suis retrouvée les larmes aux yeux, tant son interprétation est  immense...

Certes, P Dupont n'a et n'aura plus jamais le panache du grand danseur qu'il fut, mais l'être humain, l'artiste, sont riches d'une sève neuve, vivante, et qui a beaucoup à donner...

il faut voir ce magnifique documentaire dont voici un extrait ici :

 http://www.vodeo.tv/18-106-3373-patrick-dupont-le-defi.html?visu=3373

 


 En conclusion: la danse classique nous habitue à la prouesse, au vertige de la virtuosité, à l'ivresse des tours enchainés à une vitesse qui défie la loi de l'équilibre... et elle a évolué vers cela... mais derrière l'acrobate, si l'artiste reste intact, même si sa technique décline, il restera l'émotion, l'humain....

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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 15:32

  La fille du Pharaon est un des ballets exotiques de Marius Petipa, grand chorégraphe marseillais, fraichement débarqué à Saint Pétersbourg... il a déjà à son actif plusieurs chorégraphies, réglées pour la plupart à Bordeau ou en Espagne sur des thèmes exotiques ( l'Espagne était déjà à la mode, comme en témoignage, entre autre, le voyage en Espagne de T Gautier, ) et il avait déjà travaillé sur Paquita dans la ville russe.

Ce ballet eut un succès retentissant, et au fil des chorégraphies, Petipa va exploiter cette veine brillante, qui transforme un ballet en un spectacle d'art total, d'une certaine manière : décors, costumes, danseurs, musiques, pas, accessoires, mise en scène, tout est réglé avec une minutie jamais égalée au paravant: des accessoires sont utilisés : voiles, tambourins, qui rythment certaines danses, des animaux font leur apparition : singe, lion, cheval, dromadaire, serpent sacré d'Isis... et puis, il y a les grands défilés qui font beaucoup d'effet... le tout s'achevant en apothéose totale, d'après les dires de l'époque...

 


 

 

Car l'Egypte est à la mode - Aïda, une nuit de Cléopatre en sont d'autres exemples. La scénographie du ballet est tirée du " roman de la momie" de T Gautier : elle relate les amours contrariées d'Aspicia et de Taor, qui en fait, apparaissent en rêve à un lord anglais, parti voyager en Egypte, comme il se doit à l'époque... ce roman de la momie est publié en 1856, la même année que Salambô de Flaubert.

Mais la scénographie n'est qu'un prétexte à des tableaux d'une magnificence exaltante : les décors recréent les fastes de l'architecture égyptienne, telle qu'on commence à la redécouvrir ( Mariette a mis à jour le site de Memphis, quelques années plus tôt) et Petipa, pour les costumes, s'inspire  de fresques vues dans des musées... le soucis de l'exactitude historique n'est pas la priorité, mais plutôt la grandeur de l'ensemble : l'oeuvre est ponctuée par plusieurs " défilés" qui ont beaucoup de succès! L'idée est toute simple : faire défiler sur un rythme de marches militaires, des lignes de danseurs richement costumés pour créer une impression de grandeur et de dépaysement historique et géographique :

 

 

Ce ballet inspirera en partie Fokine pour ses "nuits egyptiennes" de 1907 et pour " Une nuit d'Egypte" en 1908... la sensibilité a changé, mais cet "hommage" met ces oeuvres dans la continuité de la ligne exotique tant aimée encore en ce début de siècle  (il n'est qu'à penser à Ruth Saint Denis, par exemple)

 


 

En 1928, le ballet est donné une dernière fois. Il disparaitra pendant la période bolchévique et ne sera pas repris... C'est Pierre Lacotte qui s'est employé à restituer la chorégraphie de Petipa, en partie perdue, dans son style originel...   il a aussi retrouvé des esquisses de costumes, mais seulement trois costumes intacts... Sa reconstitution, minutieuse, pour le théâtre du Bolchoi avec la sublime Zakharova a fait l'objet d'une captation DVD, de très belle qualité!

Il est étonnant de voir les dignitaires des palais egyptiens danser en dehors, et fermer leurs cinquièmes... mais il en était ainsi à l'époque : le ballet était avant tout une porte ouverte sur un rêve, où tout était mis en oeuvre pour que la perfection soit atteinte... 

 

 

 


 

 

Cette fille du Pharaon ne manque pas de charme. Le ballet annonce déjà la Bayadère, qui reprendra bien des éléments qui avait marqué le précédent ballet... la musique de Cesare Pugni n'est pas aussi désagréable que celle de la Bayadère, même si elle n'a pas la poésie d'un  A Adam... suivra dans le même esprit Raymonda... le Corsaire avait été l'une des premières chorégraphies de Petitpas à Saint Petersbourg dans cet esprit, mais n'avait pas atteint cette splendeur...

 

 

 

J'aurai l'occasion de reparler de Bayadère, du Corsaire et de Paquita... pour l'heure, j'ai déjà écrit quelques petites pages sur Raymonda, que j'aime par dessus tout... peut être parce que c'est le premier ballet de Noureev que j'ai vu sur scène...

Noureev avait d'ailleurs dit à Pierre Lacotte qu'il serait bien de remonter La fille du Pharaon, mais le projet en était resté à l'état de simple désir...

Finalement, Lacotte a pu faire avec le Bolchoi ce fabuleux travail de reconstitution.

 

 

 A lire sur ce blog :  Raymonda

Dvd : la fille du Pharaon édité par Bel air, avec Zakharova et filim.

 

En savoir plus sur Petipa  ( site de C Schemm)

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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 09:19

Quand le film musical "Chicago" est sorti en 2002, j'ai été exaspérée! Non par le film lui même ( quoique que...) mais parce que tout le monde criait au génie, et lorsque j'évoquais   Bob Fosse, ce même monde me regardait avec de grands yeux ahuris : " c'est qui?"

Et bien, c'est LUI!!! Lui, le chorégraphe,  le créateur de cette comédie musicale qui a triomphé à  Broadway il y a plus de trente ans maintenant!"

- ah bon!"

Et puis c'était tout!

Bon, l'homme et la mémoire ne font pas bon ménage n'est ce pas, l'Histoire et ses horreurs le prouvent assez?


 

Pour Bob, il faut faire quelque chose : à l'époque, lui rendre justice oralement, et aujourd'hui, faire un article!

 Actuellement, je ne suis   pas sûre non plus que les gens enthousiastes qui vont voir " Cabaret" à Paris ( spectacle créé sur l'initiative de la géniale Ann Reiking, sa partenaire et sa maîtresse) fassent le lien entre lui, la chorégraphe, le réalisateur du film aux huits oscars... mais avant de parler de tout cela,   commençons par le commencement!!!

Bob Fosse en répétition

 

Bob Fosse est né le 23 juin 1927. Il étudie toutes sortes de danses : classique, claquettes, danse acrobatique...à vingt ans, installé à New York, il épouse sa première femme et danseuse ( de nombreuses autres femmes épousées ou non suivront... comme pour Balanchine!... ) Quelques temps après, Hollywood l'emploie comme danseur, chanteur, chorégraphe sur différents films... mais  il retourne rapidement vers Broadway et crée en 1966 pour sa troisième femme  le musicla " Sweet charity..."

C'est alors qu'il décide trois ans plus tard de passer derrière la caméra pour mettre en scène ce musical avec Shirlay Maclaine... dans le film, cette femme croit à l'amour dur comme fer... elle est rêveuse et idéaliste...


 

C'est en 1972 que le succès va littéralement explosé  : il passe à nouveau derrière la caméra après plusieurs comédies musicales pour réaliser Cabaret qui sera couronné de huit oscars, et de différents autres prix... Lizza Minelli s'y révèle exceptionnelle... le rôle était d'autant moins évident à interpréter qu'il s'inspirait en partie de la vie de Marlène Dietrich, car Bob Fosse réalise un film musical sur le côté " glauque" d'un cabaret à l'époque de la république de Weimar et de la montée du nazisme dans les années 1930...

 

Dietrich et Minelli... le tonneau et la chaise!

et le chapeau!

 

C'est en 1975, quelques comédies musicales plus tard,qu'il crée la fabuleuse comédie musicale Chicago, s'entourant de la même équipe que pour Cabaret : Kander et Ebb. Dans les deux rôles principaux, la brune et la blonde : Gwen Verdon et Chita Rivera...

En 1978, il réalise sa dernière comédie musicale et en 1979 son dernier et troublant film : all that jazz... qui obtiendra la Palme d'Or à Cannes, récompense supprême...

Ce film, étonnant, dérangeant, retrace l'histoire d'un brillant chorégraphe de Broadway qui prépare son dernier spectacle. Mais ce chorégraphe qui a brûlé sa vie par les deux bouts, comme un rock star, sexe, alcool et drogue... est guetté par la mort, qui l'attend dans les coulisses....

Après ce succès, viendront " Star 80" son dernier film, sorti en 1983 et sa dernière comédie musicale : " Big deal" qui sont des échecs... il meurt d'une crise cardiaque le 23 septembre 1987.


Bob Fosse a laissé une empreinte très forte dans les comédies musicales de Broadway ou d'ailleurs... des poses, des accessoires, en partie inspirés pour Cabaret, par le cabaret Berlinois.

Ann Reikin veille toujours à ce que le " style Fosse" soit respecté... ce style inimitable, dont je reparlerai dans un prochain article!

Noureev dit : "tant qu'on dansera mes ballets, je serai vivant... " il en est de même pour Fosse... qui est toujours dansé à Londres, New york et à Paris depuis peu, via " Fosse" donné au Chatelet il y a quelques années, et à présent grâce à Cabaret...

 

 


 

quelques videos : lizza dans Cabaret :  l'inoubliable " mein Herr"

 

et puis " bye bye life" extrait du film " all that jazz" ( sur la célèbre chanson de Simon and Garfunkel)

 

autre article sur mon Blog : Fosse

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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 08:58

Tous mes articles sont des cris d'amour, n'est ce pas? D'autant plus profonds que les artistes nous ont déjà quitté, comme c'est le cas pour Bob Fosse, depuis vingt ans déjà!!!

Je n'arrive pas à le croire...

Cet artiste a eu une immense influence non seulement sur la danse " jazz", mais sur tant d'artistes, de metteurs en scène...

D'ailleurs, Cabaret, la comédie musicale qui triomphe actuellement à Paris est Son oeuvre!

Et le film qui a reçu tant d'oscars il y a quelques années, est l'exemple de la marque profonde, indélébile,  qu'a laissé cet artiste complet, homme de tous les excès, qui meurt d'une crise cardiaque a 60 ans, après avoir confié sa biographie déguisé dans ce fameux All that jazz...

Ce danseur, metteur en scène, acteur, réalisateur, né en 1927 ne connait de vrais succès qu'à partir des années 1970 : son film    Cabaret, avec Liza Minelli   reçoit huit oscars! Mais avant, il a travaillé avec S McLaine, en 1966,  dans sweet charity, qui n'a pas le succès escompté...

car on l'a peut être oublié : mais S Mclaine a été une sublime danseuse!

 Dix ans plus tard, il obtient la récompense supprême, la Palme d'or à Cannes pour All that jazz, ce  film étonnant, onirique, dérangeant dont l'esthétique et l'ambiance continuent de hanter bien des êtres! Jessica Lange y joue... un ange...!

De Ute Lemper à C Z Johnes dans Cabaret, de R Attenborough et son chorus Line, à Mia Frye, dont les chorégraphies dans les années 1990 s'inspiraient en partie de son puissant érotisme, tous ceux qui ont approché la danse jazz de près ou de loin lui doivent quelque chose... moi, modestement, inclue... car la netteté des mouvements, leur agressivité qui fait place à la douceur, l'érotisme, la languer, le ciselé des poses, tout cela a quelque chose d'énivrant, quand la danse est parfaitement maitrisée

Le première fois que j'ai vu Ann Reinkin se mouvoir avec ses longs longs bras, ses mouvements de bassin si suggestifs, ses poses étonnantes, lascives et puissantes à la fois, j'ai été fascinée : car l'érotisme en danse, exprimée sur le plan de l'art, avec créativité, est quelque chose de pronfondément puissant.

 


 

Trois articles vont se suivre :

l'un consacré à la biographie de Bob Fosse

Un autre,  aux films marquant ou aux comédies musicales : all that jazz, cabaret, chorus line, et Chicago et à cette esthétique si particulière, car le style de Bob Fosse est lié à Broadway.

  Un article   parlera d'une partie de son héritage via Ann reinkin, Ute lemper, artiste sublime et hors norme qui sera à Paris bientôt...

Donc... à très bientôt!

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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 10:44

  Laurent Hilaire, danseur étoile à l'opéra de Paris depuis 1985, fait officiellement ce soir ses adieux à la scène... je ne serai pas dans la salle, c'est trop triste... car non seulement, un immense danseur se retire avec majesté, mais l'ombre de Noureev s'en va aussi... car  L.  Hilaire est l'un des derniers de cette époque bénie...

Il dansera les " chants du compagnon errant" de M Béjart.


les derniers rôles où je l'ai vus

Ces toutes dernières années, si Laurent Hilaire a  renoncé aux grands rôles du répertoire classique, il n'en a pas moins été bouleversant d'intensité et de poésie dans des rôles comme celui de Mnester ( Caligula de N. Leriche) ou encore  dans celui du Mandarin,  (chorégraphie de Béjart.) Le voir sur scène est toujours magique... en quelques scènes de danse, il s'imposa complètement, et éclipsa aussitôt dans ma mémoire tous les danseurs que j'avais vus les mois précédents... c'est cela, une étoile... elle brille plus que les autres, même dans l'immobilité... 

Dans ces deux rôles, ce n'est pas tant par la virtuosité physique qu'il brille, mais par sa présence, son sens du théâtre,   la beauté de son  mouvement, pur, net, précis, complètement habité...

Dans Mnester, la perfection de sa ligne ( corps aux muscles longs, et aux proportions idéales) et l'intensité de sa présence sont inoubliables : ce fut un grand moment de danse...


 

 

 

 abderam, ( rêve d'étoile)       

Mes rôles préférés      

Mon plus fort souvenir reste un Roméo et Juliette, en 1991 avec Sylvie Guillem... jamais je n'avais vu un tel déploiement de virtuosité, de sensualité, de romantisme et de flamboyance, alliée à une telle sensualité... de plus, c'était la première fois que je voyais un couple incarner les deux amants avec autant de passion... la symbiose entre les deux danseurs était parfaites et quelques 16 années plus tard, j'en garde encore un souvenir précis et profond...

Un autre rôle où j'ai adoré L Hilaire, est celui de Frollo dans Notre Dame de Paris de R Petit. Ce personnage maléfique, dévoré de haine et de désir, qui détruit ce qu'il ne peut posséder était incarné avec une rage qui n'en laissait pas moins la place, une fois encore, à une technique de danse maîtrisée, mûrie, aboutie...

Lorsque Raymonda fut repris en 1998 à Bastille, il endossa avec bonheur le rôle d'Abderam... ( photo)

Excellent dans le néo-classique, comme dans les rôles classiques, Laurent Hilaire a toujours débordé d'énergie... il aime aussi à dire que la naissance   de ses deux enfants lui a donné du poids sur scène, même si du coup, son emploi du temps déjà chargé de danseur étoile s'était vu doublé. En 2001, à déjà 40 ans passés, il a remplacé  au pied levé pour le rôle de Roméo plusieurs danseurs blessés en plus de ses propres soirées...

Solor, acte des ombres, la Bayadère

 


 

Les dvd ou documents

 

Une chance : quelques dvd immortalisent son talent ( même si rien n'est préférable au live : Notre Dame de Paris ( Frollo/ R. Petit) Le Parc,( Prejlocaj)  La Bayadère (Solor/ Noureev)... et dans le documentaire sur Raymonda, Abderam... on le voit aussi dans le film de N. Tavernier " tous près des étoiles" et lors de la captation de Raymonda, en 1983, il danse le rôle de Béranger, il n'est pas encore étoile...

L Hilaire est depuis quelques années maître de ballet, ce qui veut dire qu'à son tour, il transmet les rôles... grâce aux passeports de l'opéra de Paris, qui sont des répétitions publics offertes gratuitement, j'ai eu la chance de le voir faire répéter quelques danseurs, avec rigueur et générosité...

La mémoire est sans doute le don le plus précieux fait à l'être humain... grâce à elle, plus encore qu'aux dvd, je continuerai de voir danser L Hilaire très longtemps encore....

Saluts de L Hilaire, Solor/ La Bayadère

 


 

Vous trouverez sur le site de C Schemm la biographie complète ( impressionnant travail!!) de Laurent hilaire et d'autres photos

Sur Youtube : video de Hilaire/ Solor: http://www.youtube.com/watch?v=BBkDCDgyXkw

 

et surtout sa variation de Solor : http://www.youtube.com/watch?v=KMkmgj1dOVE

toujours sur youtube : l'exceptionnel pas de deux in the middle avec Sylvie Guillem :

 http://www.youtube.com/watch?v=vJTS0Igx7LI

rare : Hilaire/ ferri : carmen : http://www.youtube.com/watch?v=Fyyha6j1k38

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 19:47

 Et bien samedi soir, j'étais au théâtre Adhyar, à Paris, pour voir Fanyda et sa compagnie dans le spectacle "bellydance" que j'attendais impatiemment!

J'étais assez ravie et émue de la revoir, car elle est pour moi en France l'une des plus belles danseuses orientales qui soient!

Je lui ai consacré sur ce blog deux articles que je vous invite à lire pour la découvrir...

Là, je me propose de faire un compte rendu du spectacle!


Fanyda avait vu grand : trois heures de spectacle! Elle avait invité en première partie Isia et sa compagnie joliment nommée " Roses des sables" et l'orchestre El Noujom composé de trois percussionnistes ( darbouka et grosse caisse) et d'un chanteur qui tenait aussi le clavier. Les musiciens ont apporté avec eux beaucoup de vie, d'enthousiasme, de décontraction au spectacle. Cela me changeait joyeusement de l'ambiance figée et tellement sérieuse de la salle Pleyel ou j'étais la veille : je ne compare pas, je ne dis pas " ceci est mieux que cela" mais je remarque qu'au gré des cultures, les différences qui s'affirment créent toute la saveur... et là, passer de la plus pure tradition de salle de concert parisienne classique à une ambiance orientale débordante de vie, ma foi, j'adore!

Je reparlerai à l'occasion de Isia et sa compagnie, mais cette danseuse a un potentiel qu'elle pourra développer au fil des scènes, car les scènes propulsent dans la lumière et obligent à se dépasser, à sortir le meilleur de soi même. C'était l'une des premières scènes de théâtre pour Isia et sa compagnie, et elles n'ont fait aucun faux pas! Elles doivent bientôt donner un spectacle au théâtre M ravel qui s'intitule Lune de Miel et qu'elles vont pouvoir peaufiner dans les semaines qui viennent.


Quand les danseuses de Fanyda sont arrivées, vêtues à mi chemin entre les costumes que nous portions chez Mia, et ceux de Rachel Brice, j'ai fait " wouahhhhh"!!!

Elles étaient superbes! Elles sont arrivées dans la salle, en noir, avec des coiffures ethniques ornées de fleurs, des bijoux " tribaux", et un air de vous ensorceler les gens dans la salle!

Vraiment superbe!

Puis elles se sont retrouvées toutes les douze sur la scène, et cette entrée, qui était un clin d'oeil plein d'humour au Bellydancer superstar de miles Copeland, était très très réussie!!!

Ensuite, se sont succédées des ensembles, des solos et des chansons... les danseuses de Fanyda sont toutes belles sur scène; certaines, que je connais depuis trois spectacles ont une belle technique et une belle présence, et on sent chez elles l'habitude de la scène qu'elles investissent pleinement;   chez les nouvelles,  on remarque de la personnalité, mais surtout l'amour de la danse et de l'expression. Je souligne au passage que pratiquement toutes les danseuses ne vivent pas de la danse et ont un métier à côté. D'où la performance à souligner, car cela demande de leur part beaucoup de passion, d'investissement pour monter sur scène et s'y affirmer!

Le groupe de danseuses que je connaissais à redonner le solo de percussions qui m'avait tant plu à Trianon. Bravo à elles, car il est très difficile d'être parfaitemen synchrone quand on danse à plusieurs un solo de percussions. Beaucoup de filles rayonnaient en le dansant, malgré les difficultés techniques qu'exigent les isolations et les vibrations!

Et puis les solos de Fanyda!

Fanyda m'a complètement émue sur un solo assez lent, dans un rythme à trois temps, où elle était vraiment très expressive, toute en sensibilité. A ce moment là, elle offrait vraiment son âme...

Une fois qu'elle est sur scène, on oublie tout le reste, et c'est alors que me revient la phrase de Graham " le centre de la scène, c'est là où je suis " et qui va si bien à Fanyda, car on ne peut pas la lâcher des yeux. Elle nous embarque dans son univers, ce que seul les grands artistes sont capables de faire, et là, on ne cherche pas à savoir quelle technique elle a, ce qu'elle fait, non, on l'accompagne dans son cheminement, et sa palette expressive est vaste!

Car si j'ai été particulièrement émue par ce solo, je n'en ai pas moins apprécié les autres, où l'on retrouve son charme, son espièglerie, sa complicité avec le public, sa vivacité,  sa joie aussi!

J'ai retrouvé en elle cette musicalité que j'aime tant et que je cherche en premier dans les danseuses, tout style confondu : Fanyda est toujours en totale improvisation sur scène mais cela coule de source pour elle... elle danse comme elle respire, elle est magique...

Et l'expressivité de son visage, la lumière de ses yeux m'ont rappelé Malavika, la danseuse indienne de Baratha Natyam, qui a elle aussi cette lumière si particulière, comme si à ce moment là, la danseuse recevait ces ondes et son inspiration directement d'une source mystérieuse...

Bref, un grand moment d'émotion et de bonheur! Merci à elle!


Ses enfants eux aussi étaient sur scène : sa fille est devenue une très jolie danseuse, dont le charme tient, en partie, à la candeur qui émane d'elle. Et son fils, qui est un tout jeune adolescent, a exécuté une danse au bâton, comme les hommes égyptiens, avec une belle assurance.

Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est la vie qui émanait de ce spectacle qui était tout le contraire d'un show froid et glacé, réglé au millimètre, à l'américaine. Il y avait une douceur de vivre qui était contagieuse car tous mes voisins et voisines se sentaient bien pendant le spectacle, et on n'a pas vu le temps passer. Ca, c'est un signe!!!


 Merci encore à Fanyda et à sa compagnie pour cette belle soirée, que je garderai précieusement en mémoire comme les précédentes...

Peu de photos, ce soir, car overblog explose et ne veut pas les charger.. mais elles seront mises bientôt!!!!!


Compléments d'informations  :

à lire sur ce blog :

site de Fanyda : www.fanyda.free.fr

orientalement Fanyda 1 ( article )

orientalement Fanyda ( article)

Site de Isia et les roses des sables : site des roses

 

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 09:40

( photo extraite du site noureev. org)

Cher Noureev,

Voilà quatorze ans que votre âme a rejoint le ciel... faites vous danser les anges? dansez vous au milieu des étoiles? Cela, je n'en doute pas...! vous ne sauriez vous arrêter!

Vous me manquez... la magie de vos spectacles à l'opéra de Paris me manque cruellement, tout y est devenu si asceptisé... où est passé ce petit supplément d'âme russe qui donnait des frissons, qui mettait les larmes aux yeux, et qui transformait une banale soirée de danse en une apothéose de poésie, de magie, d'humour aussi, de passion???

Après votre disparition, toute la magie est partie, a quitté l'opéra, et maintenant, plus encore que la génération des danseurs qui vous avait connu a cessé de danser...

Je ne vous mentirai pas en disant que j'ai cessé d'aller à l'Opéra de Paris entre 1995 et 2000, parce que je ne vous y retrouvai plus... j'avais l'impression qu'on vous avait trahi... je me souviens d'un Don quichotte que j'avais trouvé tellement triste!!! vous rendez vous compte?

Je me souviens même être sortie une fois d'un spectacle, les larmes aux yeux, non pas d'émotion,mais parce que j'ai réalisé que plus jamais je ne verrai ce que j'avais vu de votre vivant, ni n'éprouverais cet indéfinissable excitation qui ne me quittait pas pendant tout un spectacle

Je vous ai rendu visite à Sainte Geneviève des Bois, plus d'une fois : mais une chose est sûre : vous n'êtes pas sous le grand drapé de votre tombeau! Cela, non!!!! Vous êtes parti ailleurs... où?

D'ailleurs cela n'a rien d'étonnant, vous ne pouvez pas rester prisonnier d'un tombeau!!!

J'ai pensé à vous bien souvent pendant ces quatorze années, et plus encore le jour anniversaire de votre disparition; quand j'avais appris la nouvelle, j'avais pleuré... comme lorsque j'ai appris, dans le même temps, celle d'Hervé Guibert...

Heureusement, il reste les films où vous dansez pour toujours : je ne me lasse pas de votre variation dans le lac des cygnes, ni de la méditation de la chasse dans la Belle au bois dormant, ni de vos facéties dans Don Quichotte.

Quand je vous vois avec Fonteyn, j'ai toujours des frissons!

Magiques vidéos!

Et puis, je retourne régulièrement voir vos ballets,à présent à l'opéra : les choses ont changé, c'est sûr, c'est comme cela... mais c'est quand même toujours un plaisir...  Il y a une séquence video que j'adore : celle où vous montrez aux filles les variations de Raymonda : c'est vous même qui les danser,vous montrez tous les détails, et derrière vous on voit Clerc, Pontois, thesmard vous suivre sagement...

Ah Raymonda ! mais qu'attend donc l'opéra de paris pour redonner Raymonda??? Cela fait maintenant sept années qu'il n'a pas été donné!!!

Merci encore pour toute l'émotion artistique que vous m'aurez donné pendant dix longues années... merci encore d'avoir apporté dans ma vie d'alors tant de beauté, de magie, de passion, de poésie...

Et voyez vous, des années après, les images dansent encore dans mon esprit...

Vous restez vivant tant que vos pas de danse tournent dans nos mémoires attendries et émerveillées...

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