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  • : Un jour, une œuvre, par Valérie Beck
  • : Créé en 2006, ce blog rédigé par Valérie Beck a évolué au fil du temps. Il est consacré principalement à la danse, mais est ouvert aux autres arts.
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 10:33

Noureev, Roméo et Juliette  

romeo_juliette_noureev.jpg 

 

Hier, en regardant la magnifique captation  de ce ballet chorégraphié par Noureev avec dans les rôles titres Loudières, Legris, Jude, Averty, Delanoé et Romoli pour ne citer qu’eux, je me suis  dit avec tristesse que le Roméo qui sera présenté la  saison prochaine à l’opéra de Paris n’aura plus grand-chose à voir avec l’original

Certes, ce ne sont pas les bons danseurs qui manqueront – Pujol est extraordinaire dans le rôle-titre, Leriche y a brillé, - je ne sais pas s’il voudra réendosser le rôle aux nombreux portés - de même Ganio pourrait y faire des merveilles, sans parler de Dorothée Gilbert aussi

 

Non, si cette future saison ne me tire que des pensées nostalgiques, c’est parce que Noureev lui-même ne sera plus là pour tout régler, et que dix sept ans après, les danseurs qu’il avait formés ne sont plus là non plus insufflé son esprit à cette chorégraphie longue, difficile, mais pleine d’émotions.

 

Ah, me direz-vous, il faut bien que les choses changent un jour !

 

Oui, si elles ne perdent pas en qualité…

 

Pour la captation, aussi belle soit-elle, certaines choses avaient déjà été changées par rapport à la production de 1984 et la reprise de 1991

Par exemple, la chambre ne s’ouvrait plus sur le ciel bleu immense de Vérone… ce sont ces petits détails qui font que peu à peu la magie s’évente comme un parfum dans un flacon, gardé trop longtemps.

 

Par le passé, j’ai vu bien des danseurs et danseuses se fondrent dans les personnages avec un talent qui arrachait les larmes : Guillem et Hilaire, dans leur jeunesse, étaient simplement Roméo et Juliette ; ils sont inoubliables. Vingt ans après, je m’en rappelle encore. Pujol y a montré à la fois sa virtuosité technique et ses qualités de tragédienne ; elle m’a bouleversée ! Leriche a apporté sa poésie, son engagement total d’artiste inspiré ; un Roméo sublime !

Dans les rôles secondaires Romoli se révélait une « teigne » en Tybalt,  tandis que Delanoé campait le plus délicieux et facétieux des Mercutio

Voilà pour les souvenirs

 

J’en ai d’autres, moins brillant : un Hilaire épuisé, en juillet, ayant remplacé tous ses collègues blessés,  et affichant une mine fatiguée et des pas approximatifs, une Letestu- Juliette,  ennuyeuse à mourir, exibant une technique sans la moindre once d’émotion,  un Thibault- Mercutio qui en fait dix fois trop et qui ne fait rire que lui-même ! à oublier !

 

La dernière fois que j’ai vu ce petit bijou, j’étais triste : il y a une scène très  belle qui ne rend bien que si tout est parfaitement en place ; c’est une danse de divertissement,  vraiment  poétique, pendant laquelle des jongleurs dansent avec des drapeaux ; lorsque ceux-ci sont maniés avec la même énergie, faite de ralentis, d’accélérés, de vrilles inattendues, on devient alors comme un enfant : on admire la magie des grands tissus flottant le long des hampes, on se perd dans la contemplation des drapeaux qui se déploient, tourbillonnent, s’élèvent puis s’abaissent tous ensemble. C’était tout à fait dans  l’esprit de Noureev de mêler ainsi différents styles de danse.

Ce soir là, ce n’était pas le cas : les danseurs agitaient leur drapeau n’importe comment, aucun d’entre eux n’était ensemble ; le comble c’est que quelques uns  ont même eux des fous rires sur scène à cause de leur «  raté ». C’était pathétique !

 

Année après année, les pas restent, mais l’esprit, la magie s’envolent…Tout ce qui avait un sens avec Noureev devient figé, vide…

Tout ce qui faisait la force de ce ballet tiré de Shakespeare n’est plus qu’ un divertissement creux, sans âme…

 

En outre, comment faire la saison prochaine pour choisir sa distribution, vue que celle-ci parait quand toutes les places sont déjà vendues ?

 

Pour en revenir à la captation elle-même, j’étais heureuse de revoir Charles Jude, extraordinaire dans le rôle de Tybalt. Dès son entrée en scène – et sur le dvd – on ne voit plus que lui ! Il faisait partie des danseurs qui avait à la fois une forte personnalité, une maitrise technique, et un sens artistique prodigieux.  La rencontre avec Noureev lui a permis d’aller au bout de ce potentiel déjà riche !

 

J’ai assisté à l’une de ces dernières scènes, dans le rôle d’Albrecht, de Giselle

Si la Giselle ne m’avait pas trop emballée –Elisabeth ¨Platel que j’ai toujours trouvée sèche, scolaire, trop appliquée - Jude s’était révélé un prince émouvant au délà des mots…

 

  A suivre!!!

 

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 10:33

 

 

Voilà donc trois mois que j’ai commencé les cours d’Odissi ; et plus je comprends le sens des mouvements, plus je suis en «  amour » de cette danse.

J’aborde la toute première pièce du répertoire qui s’appelle Mangalacharan   et qui est une prière au Dieu Jagannath, à la Terre, à son guru, et au Ciel.

 

Jagan-natha signifie « seigneur de l’univers » ; c’est l’un des avatars de Vishnu, qui est le dieu tutélaire de l’Orissa

En fait, c’est l’une des manifestations de l’énergie de l’univers : Brahmâ crée, Vishnu met en place, et Shiva détruit… le tout en dansant

Cette triade indienne explique simplement mais d’une façon compréhensible par tous que l’univers a été créé « un jour »,   est actuellement en « existence  et création » et reviendra tôt ou tard à sa forme première

On retrouve cette philosophie de façon complète dans le yoga à travers la notion de   bindu,  point qui peut se contracter à l’infini ou « s’expandre » à l’infinijaganat2.jpg

 

Mais revenons à l’Odissi :

Cette prière permet de se « relier » à l’univers, à la Terre, au guru, aux Dieux ; on invoque Ganesh qui retire tous les obstacles, on honore l’assemblée s’il y en a une.

 

La notion de Guru est parfois mal comprise en Occident ; ce nom sanskrit signifie à l’origine «  celui qui dissipe les ténèbres »  ( Gu-ténèbres/ Ru – lumière)

 

Ce qu’ont en fait tant les Indiens (avec les Ashrams) que les Occidents  au XXème siècle, avec l’apparition d’Ashram plus ou moins «  folkloriques » est une déviation du sens premier

Dans la forme de yoga que je pratique, le «  guru » est un passeur ; autrefois, il y a bien longtemps, dans l’Inde du Nord, avant l’arrivée des Aryens et de leurs castes,  il n’y avait ni disciple (chela) ni guru, ni ashram, mais des passeurs de connaissances qui transmettaient leur savoir à qui les demandaient ; cette transmission se faisait de « guru » à individu, sans notion aucun de «  collectivité » ; en remerciement, le «  chela » pouvait aider le «  guru » ou échanger sous forme de troc ce qu’il avait à donner ; il n’y avait aucun impératif de  « service », de «  chela corvéable à merci »  le mot aujourd’hui sous-entend bien des choses que ne contient pas ce mot sanskrit

 

 

La première pièce s’appelle donc Maganlacharam

 

Elle débute par une marche, les mains en corolle portant l’offrande de fleurs

Dès la marche, le corps ondule, son poids passe d’un pied sur l’autre en Tribangha. Le déhanché se marque tantôt  à droite ou à gauche, tandis que le buste va dans le sens opposé et que la tête suit le mouvement. Cette marche est suivie d’une frappe de pied, puis commence la salutation elle-même.

 

Les mains utilisent plusieurs mudra pendant cette salutation : tripataka, anjali, chaturrah, etc…

 

Outre le travail de cette première pièce qui permet de s’imprégner de l’esprit de la danse Odissi, je continue à apprendre mes exercices ; d’ici le prochain cours, je devrais avoir fini l’apprentissage de base qui restera, comme pour les gammes, le travail à répéter quotidiennement si possible

 

 

Voici une video; la chorégraphie est dansée ici par Sujata Mohapatra  :  http://www.youtube.com/watch?v=1wX5yHh6DHc

 

Je me repasse en boucle cette video... ! 

 

 valbeck, 27 juin 2010

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 20:07

 

Nul n'est besoin semble-t-il, de présenter Salomé. " Ah oui, celle qui vampe Hérode à la demande de sa mère Hérodiade et embrasse sur la bouche Saint Jean Baptiste décapité!...."

Et méconnue : " Oui, elle danse avec sept voiles qu'elle quitte un à un pour séduire le vieux et incestueux Hérode...."

Vrai? Faux? Que Salomé dansa -t-elle à ce fameux banquet d'anniversaire?

Pourquoi réclamer la tête de Jean le Baptiste?

Quelles danses lui offrent-on aujourd'hui?

 

 


 

Ce qui me donne envie d'écrire sur Salomé, c'est que ce personnage réel mais devenu archétypal, est l'objet de tous les délires humains possibles, avec des interprétations qui vont des gnostiques aux lacaniens, en passant par toutes les interprétations ésotériques  imaginables.

La littérature s'en est emparée, de même que la peinture et chaque siècle présente sa vision de Salomé...

Le pire, dans l'histoire, c'est que son nom n'apparait nulle part, pas même dans les récits de l'historien romain Josephe Flavius qui écrivit beaucoup sur cette époque...

Alors?   Alors rédécouvrez ou découvrez qui était Salomé en lisant l'article dont la première partie sera publié aujourd'hui... les autres au fil des jours!

 

 

 

 

à lire sur ce blog :

Salomé et les évangiles

Salomé, de l'histoire au mythe

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 19:01

S’attaquer à un parcours initiatique tient toujours du challenge

On peut narrer une vie humaine, mais une vie qui tend vers la quête mystique, ce n’est pas si facile !

 

Preljocaj voulait raconter la vie du Bouddha juste avant son éveil…. D’où le nom, Siddartha, comme le roman éponyme de H. Hesse

 

Ce Siddharta n’a de Siddharta que le nom

Sans le petit livret explicatif, je n’aurais au final pas compris grand-chose, et j’aurais pu tout aussi bien croire qu’il s’agissait de l’histoire de n’importe qui…

Un quidam   s’ennuie malgré son palais doré, part sur les routes, mais ne renonce  pas aux   plaisirs de la vie

 

Le propos de Prejlocaj est parfois même très naïf !

 

Au début de l’œuvre, des hommes cagoulés façon play mobiles, se roulent au sol, et répètent à l’infini les mêmes gestes

Au dessus d’eux, une grosse boule se balance, nimbée de fumigènes

Esthétiquement c’est très joli, mais très vite, on se dit «  bon après, ces hommes en cagoule, que veulent ils ? »

 

Sur le programme, il est expliqué : ce sont les maux : « douleurs, angoisses, violence »

 

Ben dites donc, ils sont drôlement sages, les play mobiles, car en fait de douleur et d’angoisse, on n’en voit guère !!! 

La douleur naît plutôt de la partition assez insupportable à écouter!!!

Elle va du couinement des cuivres ou grognement des percussions, en passant par des petits solos de guitare électrique minable, mal raccordée à l'ampli et qui ne sont guère plus évoluées que ceux de mon voisin de 14 ans!...

Et pourtant, j’ai écouté de la musique contemporaine au kilomètre pendant des années  (Ohanna, Prodominès, Amy, Kurtag, Ligeti, Sapin, Fénelon,  pour ne citer qu’eux… !)

Les hommes en noir du Hurlevent de Belarbi étaient bien plus inquiétants, je trouve, on les sentait menaçants

Là, on les sent plutôt encombrés par leur casque….

 

Puis, on se retrouve dans le Palais de Siddartha

Commence une brochette de  lieux communs inimaginables

De grands canapés dorés avec scènes sensuelles dessus (et du rouge, bien sûr, ) un roi au milieu, emberlificoté dans une espèce de portant :   c’est le père de Siddartha, qui veut l’initier à la politique ( c’est le programme qui le dit !)

 

Mais Siddharta, ça ne l’interesse pas la politique, il préfère retrouver sa femme dans sa chambre, se livrer à quelques coquineries très kama sutra, avant de partir au matin avec son cousin Ananda dans la forêt !!!

 

 

Avant, on aura eu droit à une scène très sage de désolation dans un village qui subit une épidémie

Les play mobiles noirs du début   triturent dans tous les sens mais très sagement quand même, des corps en blanc : c’est plat et convenu, sans surprise et surtout interminable...

 

La scène dans la forêt ou Siddartha et son cousin s’en vont est visuellement intéressante, comme chaque début de tableau d’ailleurs l’œil est captivé par la nouveauté, par la lumière, par les accessoires...

Mais très vite, la danse s’essouffle et on sombre dans l’ennui

 

Même l’arrivée de l’éveil – très évanescente claire marie Osta – n’apporte ni émotion, ni véritable poésie, c’est beau mais c’est froid. L'éveil s’envole dans les cintres, comme les Sylphides, pour que Siddhartha ne l'attrape pas et mes voisins de derrière éclatent de rire!.... bon.... effet raté, c'est sûr....

 

Et le ballet continue de faire défiler les 16 tableaux, l’un après l’autre, en alternant scène de groupes très sages et duo ou solo qui s'enlisent dans un vocabulaire pas ininteressant mais moins inspiré que ce à quoi Preljocaj nous a habitué.... 

Au final, on aurait pu voir n’importe quoi d’autre…

 

Les idées présentées semblent être un condensé de ce qui a   déjà été exploités par d'autres avant lui : ainsi,  Gallota il y a vingt ans avait fait de Don Juan un «  rockeur échevelé » qui sautait partout sur sons de guitare électrique!

Puis il avait répété son geste avec Nosfératu, un vampire échevelé ! ( pour le rôle, le beau Martinez avait une perruque de longs cheveux noirs, hyper sexy !!!)

(Petit aparté :  j’adore certaines chorégraphies de Gallota, comme les variations d’Ulysse ou Docteur Labus, ou même son Icare, mais d’autres m’ont moins séduite ! il en est ainsi de tous les chorégraphes ! c’est normal ! et cette fois ci Prejlocaj, non, je ne peux pas entrer dans son univers)

 

Je garde de ce Siddharta une impression de  «  beaucoup d’agitation pour rien » doublé d’un « beaucoup de bruit pour rien !!!! »

 

Certes à l’opéra, les danseurs sont exceptionnels : Belingard, Moreau, Osta, Renavand, Lamoureux, Zusperreguy sont extraordinaires et font tout ce qu’ils peuvent pour donner du sens à ce qu’ils dansent

 

Mais les personnages n’existent pas, et ils peinent à amener le spectateur dans l’œuvre

 

J’aurais préféré comme pour Médée une œuvre d’une demi heure, avec quatre ou cinq personnages mieux construits, plus approfondis, au lieu d’être tout juste esquissés ; car on ne sait rien de sa femme, si ce n’est qu’elle aime les parties de jambes en l’air, rien de son cousin, sinon qu’il le suit dans la forêt, rien de son père, si ce n’est qu’il est le roi, et ainsi de suite….

 moins de moyens pour  une plus grande concentration dramatique : oui

 

Là, on a l’impression que Prejlocaj a écrit à la ligne pour étirer son propos sur 1h 40 quand 35 minutes, 40 peut être auraient suffi !

 

Du coup, les danseurs  font tout ce qu’ils peuvent pour sauver de l’ennui une pièce creuse, vide,  sans y parvenir....

 

tant pis!!!! après une soirée ratée ( La dame aux camélias) une après midi ratée!....

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 07:42

 
 
 
Jusqu’à l’année 2000, je n’ai eu que mépris pour la danse orientale. Non seulement, je ne la voyais pas comme un art, mais je détestais ce qu’elle représentait. Les  danseuses orientales que je croisais dans les centres de danse parlaient de «  sensualité » quand nous chez Mia ou ailleurs, parlions d’émotion,  d’énergie, de vie.
La danse orientale n’était alors à mes yeux qu’un divertissement de restaurant, de cabaret, mais sûrement pas un art.
 
Aussi, lorsque pour la première fois, en pleine répétition avec Mia Frye, j’entendis à l’étage au dessous de la musique orientale très belle et émouvante, la curiosité fut plus forte que tout : je profitais d’une pause et j’allais voir.
 
 
Zoubida El Bachir
 
 
Je découvris l’univers de Zoubida El Bachir et je suis heureuse de lui rendre hommage aujourd’hui. Elle faisait répéter ses danseuses et son style – danse égyptienne – était une pure merveille de grâce, de féminité, d’émotion. Rien de vulgaire, mais un univers poétique très subtil. Rien de suggestif, pas de sensualité un peu lourde, mais chaque danseuse a son cours dégageait une féminité magnifique. Mon regard sur la danse orientale   changea du tout au tout ce jour là : j'avais vu un des plus beaux aspects de la danse orientale.
 
 Un peu plus tard, je pris quelques cours avec Zoubida, et ce fut le coup de foudre. j'adorais ses musiques, comme j’adorais celles que j’entendais chez Mia. ( Du rap et du funk, à l'époque)
 
J’appris notamment chez elle une chorégraphie qui s’appelle Raqs al gamat, ce qui veut dire danse dans le désert, sur un titre éponyme de Farid el Atrache, et j’étais folle de cette chorégraphie au voile. Je la danse encore pour le plaisir aujourd'hui. Zoudiba   utilise les voiles avec beaucoup de grâce, d’art, d’inventivité, de douceur. C’est toujours dans cet esprit de grâce unique que j’utilise les voiles aujourd’hui.
 
 
 
Grâce, élégance, féminité.
 
 
Grâce à Zoudiba, j’ai poussé la porte qui s’ouvre sur le Proche et le Moyen orient… et ce fut le vrai coup de foudre. Depuis je me suis mise aux sagattes, au tabla et j'ai lu beaucoup d'ouvrages sur la musique arabe.
 
Par la suite, j’ai dansé avec des danseuses qui toujours recherchaient la poésie, la féminité, la grâce, comme Kamellia.  Cet aspect de la danse orientale me touche énormément. Kamellia utilise les voiles dans le même esprit que Zoubida.
 
Ces danseuses cherchent vraiment une expression très subtile de la danse orientale : elles sont profondément musiciennes, dans  le sens où elles adorent la musique orientale et montrent un goût sûr : elles n'utilisent pas forcément les variétés à la mode, comme le font un peu trop à mon goût les Belly dancer superstar, hormis Rachel Brice, par exemple, mais les musiques à mi chemin entre la tradition savante arabe, et la musique populaire.
 
Les costumes sont toujours élégants, comme l'est leur danse; elles veillent à ce que la postion du corps soit toujours harmonieuse : pas de fesses en arrrière, ni de décolleté vertigineux exploité dans les tremblements du buste, ni de huit ou d'ondulations trop suggestifs.
 
Zoubida ne voulait pas entendre parler de cabaret, un peu comme Leila Haddad, mais Kamellia danse dans les cabarets : aujourd'hui, j'ai révisé mon jugement :  le cabaret n'est pas un obstacle à l'art : c'est plutôt l'attitude de la danseuse et ce qu'elle offre qui vont mettre les limites.
Après tout, j'ai bien commencé une modeste carrière d'auteur compositeur interprète au Café chantant de la rue Bichat....
 
Grâce à elles deux, j'ai appris à aimer la danse orientale. C'est kamellia qui m'a fait découvrir Samia Gamal.
Je les préfère mille fois aux égéries actuelles telle que Dina. D'aucuns diront que Dina est une militante qui fait de la résistance féministe dans son pays... je ne suis pas convaincue du tout... et cette forme d'expression dansée me donne la nausée...
 
  
 

A lire  sur ce blog : Samia Gamal
           Le cycle de Salomé.

 
 
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 19:55

A-snap-of-odissi-dance.JPG  Voilà, c'est fait, j'ai pris mon premier cours particulier d'odissi avec une jeune danseuse ( française) que je trouve extrêmement talentueuse
 Quand elle eut compris que je voulais VRAIMENT apprendre, même s'il fallait mettre le temps ( dix ans ne me font pas peur!!!) elle a été ravie
J'ai donc appris aujourd'hui le BA ba
car je ne veux pas apprendre du décoratif, ou de l'Odissi prêt à consommer! non!!!

Pour commencer, cette danse de l'Inde du Nord est a été victime de la même  malveillance anglaise qui l'a interdite,  tout comme le baratha natyam : les Anglais assimilaient les danseuses à des prostituées; ils interdirent donc la danse trouvée trop sensuelle pendant plus d'un siècle et demi jusqu'à ce qu'en 1950 un mouvement nationaliste s'empare de la danse pour en faire un acte de résistance et de revendication nationale

la danse odissi a elle aussi été reconstituée entièrement d'après les scultpures des temples ( comme celui de Chiddambaram) ( tout comme le baratha qui l'a été à partir de traites écrits et de scultpures)
Ce lieu est considéré comme un point important de la planète "ou tout danse et tout est danse"
Nandikeçavara, grand sage indien a écrit " la bouche émet le chant, la danse en esquisse le sens, le regard 'lanime de sentiments, les pieds en marquent la mesure.
La où vont les mains va le regard, la où se trouve le regard se fixe l'esprit, là où il y a l'esprit, s'installent les sentiments, là où règnent les sentiments jaillit le rasa"

Le rasa, grande notion indienne qui est la saveur mais d'ordre divin, c'est aussi le but ultime de la danse classique indienne dont la
sion spirituelle ne peut être dissociée ni du corps ni de l'esthétique que celui ci crée
Comme pour le yoga que je pratique, le corps est L'outil qui permet d'accéder à des dimensions autres...

mais avant cela, il faut apprendre!!!!

Pour commencer, deux positions de base : le tribhangha ( photo ci dessous) et le ChoukaTribangha.JPG
Le tribangha demande un plié profond,  digne de la danse classique ; l'autre pied repose sur la demi pointe à partir d'une " quatrième", puis on décale le buste du côté de la jambe pliée,  à partir de la taille, et la tête elle aussi se décale à partir du cou; trois points de décalage
une main repose sur la taille, poignet cassé, l'autre sur la cuisse

ça a l'air simple, mais pour arriver à la fois à la stabilité et à la douceur toute féminine de cette pose....


la deuxième posture est un Chouka, les pieds sont ouverts de la largeur d'une seconde de danse classique, et les cuisses sont très très pliées, les pieds complètement ouverts, puis les avant  bras se plient au niveau des coudes, les bras, eux étant dans le prolongement des épaules qui sont très détendues

chouka.JPGla posture est virile, pleine de force!

a partir de ces deux postures de base découlent toute la danse indienne

Aujourd'hui je n'ai travaillé que cela sur des rythmes scandées vocalement par mon professeur  ( rythme en quatre temps)
j'ai appris à plier, a frapper les pieds sans décaler le bassin, a passer d'une posture à une autre dans décaler les épaules, bref... et à sauter sans changer le niveau de mon corps...

cela demande une concentration de toute épreuve

et puis quelques mudras de base ( il y en a 28; soit faite à une seule main ( la demi lune, le lotus, le serpent, le guetteur, etc, soit à deux mains : le poisson, la tortue, etc)
cela demande une isolation de chaque doigt pour passer d'un mudra à l'autre!!!

comme le baratha, l'Odissi peut e^tre purement technique, ou narratif, ou les deux à la fois
pour l'odissi, la narration tourne beaucoup autour du Dieu Krisha, et du printemps

mais avant tout, on offre une prière à ganesh

tout comme pour mes cours de sanskrit, ou on commençe aussi par une prière à ganesh

Ganesh est le Dieu qui retire tous les obstacles, qui aide à l'étude, qui donne la stabilité... il est aimé dans toute l'inde

j'adore ces cours d'odissi et pourtant , je vais autant " souffrir" que lorsque j'ai commencé le piano classique; avant de jouer le repertoire, que d'exercices, encore et encore, des heures et des années, l'une après l'autre... aujourd'hui, je joue ce que je veux, mais cela m'a pris... 15 ans....

en faisant du natha yoga, du sanskrit et de l'odissi, j'ai l'impression de renouer avec l'essence même de mon être...

j'ai ressenti tellement d'émotion et de vibrations pendant ce premier cours!!! comme si tout à coup, je me disais " oui, c'est cela que je cherche!"

je vais travailler dur car je veux d'ici quelques mois aborder le début du répertoire

il faut un an pour assimiler les postures et être à l'aise dedans!!! mais la patience est une de mes grandes qualités, ainsi que la ténacité... et puis ganesh m'aidera!!!



Val: 28 mars 2010

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:56

 pourquoi tournent ils ?
 
 
Rumi et le soufisme.
 
 
On appelle soufi les hommes qui ont renoncé aux richesses du monde et portent la tunique de laine. Ce sont des ascètes. Ils font partie de la confrérie mawlanya qui fut fondée par Jalal Uddin Rumi, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs et poète mystique de génie qui inflença toute la littérature persanne de son époque. Son père l'appela « Nawlana » qui littéralement veut dire « notre maître » tant l'enfant, spirituellement, était précoce.   
 
 
Rumi nait en Afghanistan en 1207, dans une famille très lettrée (son père est appelé le sultan des savants) mais doit fuir  très jeune avec sa famille, son pays envahi par Gengis Khan. Ils se réfugient en Turquie.  Rumi, au gré de ses voyages et de ses expériences de vie devient tout à la fois poète, alchimiste et un mystique de grande renommée.
 
 
 
 
La rencontre qui changea sa vie
 
 
 
 
 
Il rencontre en la personne de Shams de Tabriz un maître qui lui permet d'entrevoir des vérités supérieures. Shams est un errant, un mystique, qui s'adonne à la danse, à la musique, comme moyen d'accès à Dieu. Pour lui, l'expérience mystique de fusion avec Dieu ne naît  pas dans l'étude des livres : on dit même qu'il est illétré.  Il enseigne la danse et l'abandon à Rumi pour d'accéder à une conscience spirituelle autre.  Rumi et Shams passent de longues années ensemble. Mais un jour, Shams trouve la mort, assassiné, dit-on par les disciples de Rumi, jaloux de la relation exclusive que cet errant et ascète entretient avec Rumi qui les délaisse. Rumi en conçoit un chagrin profond.
 
 
 La fusion avec Dieu 
 
 
On raconte que Rumi, encore triste de la perte de son ami et maître, Shams de Tabriz, marche un matin dans le souk. Il entend à chaque pas Dieu lui dire : «  je suis toi, tu es moi » Des marteaux frappent des feuilles de métal précieux, et voici que sur cette musique , Rumi saisi par une vague d'émotion, lève les bras et se met à tourner sur lui-même. Les passants s'arrêtent pour le regarder. Rumi danse longtemps et les ouvriers ne cessent de frapper les feuilles que lorsqu'il s'arrête enfin : « Je viens de m'unir à Dieu » dit-il tout simplement
.
 
La technique du Sama'
 
 
 
 
Est-ce ainsi que naît le Sama', cette audition spirituelle sur laquelle dansent les derviches, suivant l'enseignement de Rumi .
Etymologiquement, le mot veut dire audition. C'est une technique d'expérimentation physique et que spirituelle. L'ascète accepte de se laisser prendre pendant le Sama' par l'état qui s'empare de lui.
La danse consiste à tourner sur soi même un pied plat, un sur demi pointe qui reçoit régulièrement une impulsion, tandis que les bras sont de part et d'autre du corps, la paume  droite tournée vers le ciel pour recevoir, l'autre vers la terre pour redonner, selon le schéma de l'arbre cosmique. La tête est penchée sur une épaule et le buste, souple, qui se balance doucement sur un axe vertical. L'équilibre se crée grâce au souffle.
Se fondre dans la matière en mouvement est leur seul désir.
 
 
 
La musique 
 
 
La musique est constituée d'un ensemble de ney,(flûtes), de qanum, (cithare sur table), de rebab, (parent du violon mais à « six coins » comme le voulait Rumi pour incarner les quatre points cardinaux plus le Nadir et le  zénith), de tanbur et de dafs, percussions.
 
Le cheikh, chef des musiciens, qui enseigne l'Islam et les principes du soufisme, est appelé samazân. C'est lui qui coordonne le tournoiement de tous les derviches, pour que chacun, tout en s'abandonnant à leur état propre, soient tout de même reliés entre eux, telles les étoiles dans le cosmos, dansant autour du soleil.
 
 
le tournoiement comme principe de vie de l'univers
 
 
 
Ce tournoiement est vu comme principe de vie : mouvement des planètes, cycle du temps, circulation du sang, etc.
Ce tournoiement conduit à une fusion du corps avec le reste de l'univers et non pas à sa disparition. La frontière que l'oeil voit disparait.
 
Ce n'est pas sans me rappeler les calligraphies de maître Deshimaru, qui d'une certaine façon, revient au même résultat : c'est à dire qu'il y a aussi fusion de la matière et de l'anti matière...
 
 

Article rédigé en partie d'après Françoise Grund, "danses de la terre" et les liens internet ci dessous.

liens :

avec la biographie de Rumi

http://hpml2.free.fr/rumi.htm

 

http://www.fraternet.com/magazine/etr_1406.htm

avec le soufisme

http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/djalel_ud_din_rumi.HTM

 

avec l'oeuvre poétique de Rumi

http://decitre.fr/service/search/fiche_detail/-/ean-9782020560887/index.dhtml

 

 

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 15:41

Ce lien uniquement pour parler de Noureev, parce qu'il était unique!

Il a redonné, dès les années 1983 à l'opéra de Paris, une magie qui s'est éteinte avec sa disparition

certes, l'opéra de Paris est toujours une compagnie merveilleuse qui fourmille de talents formidables, des coryphées aux Etoiles... mais lorsqu'il était vivant et qu'il était directeur de la danse, les danseurs flamboyaient... tous étaient étoiles d'une certaine manière, tant leur présence en scène scintillait, comme des diamants...

Avant d'accepter la direction de la danse à l'opéra de Paris, Noureev a été l'un des plus grands danseurs de son temps.

Malheureusement, je l'ai vu danser sur son déclin... il avait toujours l'allure d'un tigre, impérial, charismatique, mais la technique l'abandonnait déjà...

Au fur et à mesure de mon humeur, je repetorierai les dvd, videos, site qui lui sont consacrés

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 12:39

 

 

  Voilà, c'est Mia, il doit être une ou une heure et demi du matin. Le spectacle est fini. A côté d'elle, Chaka, qui était tout petit alors...

Devant, des danseuses. On écoute sagement ce qu'elle a encore à nous dire...

Mais avant de parler de ce spectacle commençons par le début : ma rencontre avec Mia...

 


C'était en 1991, j'avais repris la danse : au programme danse classique avec Lazarelli et danse contemporaine avec Mohamed Ahmada. J'allais au centre du Marais au moins trois fois par semaine... mais de la fenêtre du cours de classique, le samedi, à 17h, j'apercevais en face un cours étrange où les danseurs, habillés de short, de petits bodys noirs moulants, de bottines qui avaient un petit talon effectuait une danse extrêmement énergique. L'été, la musique, tonitruante, étouffait le piano de notre cours, et il y a avait des hurlements sauvages...

j'étais intriguée, mais personne dans le cours de classique ne sut me dire ce que c'était. L'autre professeur dont je tairais le nom, fermait rageusement la fenêtre quand c'est lui qui donnait les cours en disant " quels hystériques!"

Mais bizarement, ces hystériques m'attiraient... et j'allais voir la fin du cours. Je rencontrais Mia, toute jeune  femme alors, qui discutait avec ces élèves... je fus fascinée... et je décidais que l'année suivante, à la rentrée, et bien, j'irai à ce cours...

 

 

Ce que je fis ! Je rentrais de Sicile, cette année, j'étais partie seule en vacances,comme toujours, et dès le premier cours, j'étais là, avec des petits tennis aux pieds n'ayant pas les bottines, et un " déguisement" pour pouvoir faire le cours.

On était une armée!!!! serrés comme des sardines. Mia commença l'échauffement! bigre, heureusement que j'étais habitué à la méthode Jane Fonda, car ça déménageait : le tout sur une musique très tonique... l'échauffement dura plus d'une demi heure avec plus de dix minutes d'abdo. Je me rappelle encore qu'à la fin de la série d'abdos, elle nous demanda de garder la pose; et elle jura de mettre à la porte ceux qui ne tiendrait pas! je vous le dis, on était au moins une soixantaine... je tremblais d'être mise dehors, je serais mes muscles, je m'appliquais ensuite dans les diagonales et dans la chorégraphie qu'elle commença à nous apprendre. Pas de sourire,  pas de mots, on travaillait!

A la fin du cours, j'achetais une carte. Je revins deux jours après pour mon nouveau cours. Et ma grande stupéfaction, elle connaissait déjà mon nom, comme ceux de tous les autres nouveaux!!! Mia a vu passer dans ses cours des centaines d'élèves, mais chacuna eu droit aux mêmes égards à la même attention...

Et puis, ce fut une vraie drogue, ce cours... on était presque toujours autant, mais mon Dieu quelle ambiance. Je continuais cette année là mes cours de contemporain et de classique, plus un entrainement  la piscine pour le coeur, plus le yoga... je faisais entre 10 et douze heures d'entrainement par semaine, et je n'avais pas " ma dose".

 

 


 

Je fis beaucoup de belles rencontres parmi les élèves, et l'une d'elle devint une grande amie,jusqu'à son mariage et son départ loin de Paris... on travaillait dur, avec un Mia exigeante et généreuse à la fois, mais quelle ambiance parmi les élèves. Certains, professionnels, faisaient tous ces cours, et c'était un bonheur de les voir danser... Aurore, Matthieu, plus tard Iskaie...

Le cours se déroulait ainsi lorsque je passais en niveau " intermédiaire-avancés" : 40 minutes d'échauffement et de musculation, puis les diagonales techniques : pirouettes, double pirouettes, grands jetés en tournant façon jazz, sauts attitude cambrée, sauts à la seconde avec tour, grands jetés simples... quelle énergie chez tout le monde!

ensuite on passait aux diagonales d'apprentissage du style : des mouvements funky, groovy, hip hop,jazz, street soul, qui permettaient de se familiariser avec le style de Mia. On passait deux par deux ou quatre  par quatre. C'était magnifique à voir, quand tout le monde bien ensemble, relié par la musique, donnaient toutes ses tripes! Mia démarrait toujours seule les diagonales puis on suivait. Pendant ce temps Michel, son mari, nous corrigeait... nous expliquait les mouvements, comment mieux les faire...

Puis venait la chorégraphie qu'on apprenait sur environ trois semaines. A l'époque, Prince, Madonna, M Jackson tenaient la tête du hit parade... c'était le délire absolu...

et toujours avec cette impression de danser les uns avec ls autres, de se stimuler tous pour donner le meilleur de nous... je ne sais toujours pas comment Mia arrive à tirer autant des gens, même les moins doués...

 


 ( Moi, à l'époque, en autoportrait, et en hommage au Cri de Munch)

 

La récompense vint le jour où des filles me dirent en toute honnêté : " ce n'était vraiment pas terrible ce que tu faisais au début, mais maintenant, tu danses bien!"

Quelle récompense!

Quand aux préparations des spectacles, c'était facilement neuf heures de répétition par semaine, le cours commençant à 20h30 pour se finir à minuit passé, plus les répétitions qui duraient parfois jusqu'à ... cinq heures du matin, dans la rue...!!!

Mais après, quel bonheur, quelle fierté aussi... Mia arrivait a faire monter environ 100 personnes sur scène... et tout s'enchainait, sans fausse note.. on montait en quatre groupes qui se partageaient les chorégraphies... avec le sentiment de faire un travail commum,et pas seulement de montrer sa pomme sur scène... Mia vérifait tout : les costumes, les coiffures, le maquillage... dans les coulisses, vigileante, muni de son sifflet, elle réglait les entrées, les sorties, et ça allait vite! comme ces chorégraphies dont la rapidité d'exécution nous laisait sans souffle parfois...

Mia est comme un grand général qui tire le meilleur de ses armées, parce qu'il a gagné leur confiance, parce qu'ils sont fiers de lui... je crois qu'au delà du plaisir fou qu'on trouvait à danser ce sentiment nous habitait tous...

Ces années, c'était bien avant Macarena... bien avant ce dancer, bien avant pop star...

Après la sortie du film The Dancer,  en 2000 a peu près, je n'allais plus chez Mia. Non sans douleur... après dix ans passés à travailler avec elle plus de dix heures par semaines, je sentais que mon temps d'arrêter était venu... j'avais commencé la danse orientale, qui, je l'avoue, m'enthousiasmait tout autant, mais pas avec cette passion, cette force... Mia avait été une drogue, une passion. Elle et son mari comptent pour moi parmi les êtres qui m'ont le plus donné... j'ai ressenti un grand vide en cessant de travailler avec eux... ils m'ont manqué, sur le plan de la danse! mais je crois que c'était nécessaire. j'avais des choses à trouver, à mettre en place... c'est un travail qui est solitaire... beaucoup de mes anciennes camarades avaient cessé aussi de venir... en dix ans, les vies changent!

Le film, The dancer, n'est franchement pas une réussite, mais je suis contente qu'il existe quand même,  tout simplement parce que Mia est dedans et Michel aussi pour toujours...

Qu'ils soient ici même remerciés pour tout ce qu'ils m'auront donné...

 


Il n'existe malheureusement pas de site officiel de Mia....

A venir : Mia Frye (2)

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 08:46

 

Il n'est pas besoin de présenter Rachel Brice aux amoureux/ses de la danse orientale. Miles Coppeland l'a intégrée à la troupe des Belly dancers superstars. Depuis deux ans, cette troupe sillonne le monde entier et entre deux spectacles, les danseuses, à tour de rôle, donnent des stages.

Mais pour moi, Rachel est bien plus qu'une BDSS : c'est un être au parcours singulier, doté d'une faculté de travail hors norme, qui non seulement a créé la compagnie Indigo qui n'a pas sa réplique actuellement, mais de plus, est restée d'une étonnante et émouvante simplicité.

J'ai effectivement eu la très grande chance de pouvoir suivre un de ses stages, et j'ai rencontré une jeune femme simple, douce, chaleureuse, qui adore transmettre ce qu'elle sait et le rend accessible sans renoncer à la qualité et la profondeur du mouvement.

 

Qui est Rachel Brice pour ceux qui ne la connaitraient pas encore?

Elle vit actuellement ( entre deux voyages) a San Francisco. Il est pour moi très important de signaler cela car San Francisco n'est pas une ville américaine comme les autres. Il y a un climat artistique dans cette ville qui a vu naitre et croitre le mouvement hippie très différent des autres villes d'Amérique. La population est très métissée de toutes sortes d'influences y compris asiatiques. M Graham elle même venait d'une ville voisine et disait combien elle avait été marquée par ce métissage ethnique.

 

Yoga, danse tribale, études d'ethnolgie...

Est ce la raison pour laquelle Rachel, tout en pratiquant la danse orientale avec Suhaila Salimpour a, en parallèle, étudié le yoga avec e Schiffmann? Est ce la raison pour laquelle, lorsqu'elle a découvert le style tribal ( article à venir) elle a aussi éprouvé le besoin de faire des études d'ethnologie, section danse, afin d'approfondir sa connaissance des danses tribales?

Elle obtient aussi dans la foulée un diplôme de chiropracteur  et tout en enseignant le yoga, exerce aussi ce métier. Mais elle trouve enfin une vraie raison de danser en rencontrant Caroline Nerricio, l'une des créatrices du style tribal, et peu à peu, son style unique, qui emprunte au tribal, à l'oriental, au jazz aussi, naît.

 

la compagnie Indigo

Sur scène, Rachel danse en soliste mais aussi en groupe avec les autres danseuses de sa compagnie. La fascination naît non pas d'une démonstration de virtuosité, mais, outre de sa très grande souplesse physique et des isolations maîtrisées des pieds jusqu'aux cheveux, de la perfection de chaque mouvement...

Les costumes sont à la fois ethniques et futuristes : bijoux en argent très lourds, qui parent les hanches, les bras, les doigts, le cou et le ventre des danseuses, tatouages pour certaines d'entre elles, le noir, couleur dominante, étant rehaussé de couleurs primaires très vives, comme le bleu, le rouge, ou encore le mauve. Chaque danseuse a son propre costume.

Les cheveux sont ornés de fleurs, de tresses de coquillages, de chignons savamment construits bien qu'ils aient l'air complètement naturels. Maquillée, Rachel ressemble a un chat, avec ses grands yeux en amande qui sourient, son regard mystérieux et profond.

La gestuelle

 

Le plus fascinant de ce style tribal fusion est le travail des bras : les épaules sont complètement déliées, les bras d'une incroyables souplesses, et tout est solidaire : si la hanche bouge d'une certaine façon, le bras se lèvera de telle autre, entrainant avec lui le mouvement des poignets qui se transmettra aux doigts : on a l'impression de voir quelque chose de complètement organique, un peu comme les mouvements des anémones de mer soumise aux invisibles courants marins.

Le buste se meut avec la même grâce que les grands serpents et peut adopter n'importe quelle position. Le cou obéit aux mêmes loi. Les contractions très fortes du ventre et des hanches sont très amples et spectaculaires.

La musique

 

 

Rachel joue aussi du tabla. Sur scène, elle accompagne parfois les BDSS. Elle travaille avec le compositeur Pentaphobe, qui sample des sons naturels métalliques,  qu'il enregistre dans des industries de sidérurgie par exemple, mais aussi avec les musiciens suivants : DJ I Sabbah, Amon Tobin, qui mélange tradition et musique électronique, et puis avec son ami Tobias, percussionniste.

Elle aime avant tout avec sa compagnie improviser sur scène. Ainsi, sa danse se renouvelle toujours.

Oui, je suis envoûtée, comme j'ai pu l'être par Noella Pontois, la compagnie Graham, ou celle de Alvin Ailey. Tout à coup, on découvre un univers et aussitôt, on sait que c'était celui là qui nous manquait le plus....

 


 

Liens

www.rachelbrice.com

site réalisé par Pentaphobe

http://www.fcbd.com/html/history_rr.html

information sur le style tribal et caroline nericcio

http://www.movingintostillness.com/

 

le site de Eric Schiffmann

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