
C'est le Cotton Club!
C'est le club le plus branché de Harlem qui vit le jour en 1923. Francis Ford Coppola en tire un film au titre éponyme
Ce club nait dans un context étrange de prohibition, de ségrégation sociale, où, bizarement, la clientèle exclusivement blanche est servie et divertie par des Noirs Américains...
Et c'est là, en 1927, que Duke va lancer son grand orchestre : une première : la salle est reliée à la radio CBS, et les concerts sont transmis en direct... ce qui fait que la réputation du Cotton Club ( en mémoire des champs de coton du sud) dépasse très vite les frontières de Harlem

Duke Ellington et son orchestre et the girls chorus line
1927
Que danse-t-on au Cotton Club ou encore au Savoy, autre ballroom dancing a la réputation sulfureuse?
Du charleston, du Lindy hop, du " tap", avant que le swing qui apparait un peu après ne fasse son entrée...
Charleston, en souvenir de la ville, danse immortalisée entre autre à Paris par la Revue Nègre et Joséphine Baker, sa vedette somptueuse...
Lindy hop, nom inventé par un des danseurs à qui un journaliste en extase devant la performance des danseurs Noirs Américains demandait ce qu'il dansait et qui se serait inspiré d'une manchette de journal " Lindberg hops the Atlantic" ( Lindberg traverse l'Atlantique)

Cette danse improvisée se danse donc au rythme des grands orchestres comme ceux de Duke qui naissent dans les grandes villes de l'Amérique du Nord à partir des années 1920-1930. "Duc" "comte", "Roi" sont des revanches pleine d'humour sur le passé d'esclaves de ce peuple qui vibre d'une immense énergie et qui apporte à l'Amérique une musique neuve, des rythmes neufs, des sons neufs... King Olliver, Duke Ellington, Count Basie...
J'adore la période " jungle" de Duke... !!!
Et toujours ses merveilleux petits appels au piano, dans l'aigu, en superposant des quartes acidulées : écoutez, on le reconnait entre mille!
Grégory Hines en " tap dance " dans une scène de Cotton Club
La crise de 1929 pointe à l'horizon, mais le peuple noir Américain en a vue d'autres et sa vitalité est intacte. La musique, le chant, la danse sont sa revanche, et si une partie de la population Noire Américaine, pour qui la vraie musique reste le gospel, le Negro Spiritual, la musique d'église, et est choquée par ces lieux dirigés par d'anciens gangsters, d'autres s'y plongent avec délice et y trouvent une ivresse que la dureté de la vie des années 1930 interdit.
Les prémisses de la danse jazz sont là : vitalité, énergie, rythme, improvisation et LIBERTE...
Le Lindy hop est en quelque sorte l'ancêtre du rock and roll qui n'apparaitra qu'en 1956 : sortie officielle du premier disque d'Elvis, le seul Blanc " à chanter comme un Noir" Mais c'est une autre histoire!
En 1940, le Cotton Club quitte Harlem pour Broadway, et les music hall récupèrent la mouvance de la danse " jazz" ... c'est l'heure du swing...
Qu'est ce que le swing?
Musicalement, "on l'a ou pas", c'est une façon de jouer avec la mesure, avec la pulsation... comme de faire rebondir en douceur le rythme, sans le décaler...
C'est irrésistible... le swing réveille les jambes et les corps de tout le monde....
Quand au "tap dance" ou vulgairement " claquettes" si les premiers noms qui nous viennent sont peut être Fred Astaire et Ginger Rogers,il ne faudrait pas oublier avant lui Sammy Davies, qui avait vraiment quelque chose d'unique... mais nous sommes déjà au début des années 1950 et le Cotton Club ne va pas tarder à fermer...

Donc voilà en quelques mots quelques styles de danses qui ont précédé " le modern jazz" qui n'est pas encore né à la fin des années cinquante...
Quelques points de repères supplémentaires seront en ligne bientôt : le swing, Joséphine Baker, qui a eu un tel impact en Europe...
Et vous savez quoi?
D'avoir écrit cet article, me voici en joie, plein d'images me reviennent, l'immense talent de ces artistes Noirs Américains me met les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres; ce sont les seuls à être capable de provoquer ces doubles émotions en moi! La compagnie d'Alvin Ailey le fait de la même manière aujourd'hui...
Comme je les aime!!!
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Robbins fait répéter une scéne de west side story à Chakiris
Après vous avoir parlé de Robert Plant et d'Alexandre Taraud, et bien, un nouvel article qui n'a rien à voir avec la danse ( quoique!) et qui cette fois ci va concerner le double chef d'oeuvre de Tolstoi et de Serguei Bondartchouk...

Bref, aussi, vous n'imaginez pas ma surprise lorsqu'un jour, dans un magasin qui vendait des videos pas chères, je vis deux cassettes de guerre et paix par un cinéaste totalement inconnu : Bondartchouk.

La rue des Almées du Caire, était en fait reconstruite "comme si l'originale s'était transportée à Paris" pour la plus grande joie des visiteurs ( des millions à chaque exposition). Tout le monde adorait la rue des Almées et la Belle Fatma et à la lecture, on comprend bien que déjà, " la danse du ventre" était vue comme une danse lascive, érotique...
Rodin a toujours aimé les femmes, qu'il immortalise dans la pierre, d'où émergent des corps nus, enlacés, à la sensualité débordante, un peu lourds parfois, mais merveilleusement sculptés et comme vivants.
J'ai depuis longtemps des reproductions de ces danseuses cambodgiennes dans mon bureau. Ce ne sont autres que les Apsaras. A la cour, on ne les voyait pas comme des danseuses devant divertir le roi, mais comme des intermédiaires entre le roi et les divinités khmères. L'art rejoignait le spirituel et le sacré de la plus poétique des façons.


C'est tout à fait par hasard que j'ai vu Fanyda pour la première fois sur scène il y a plusieurs années. J'avais tout simplement suivi des amies qui faisaient de la danse orientale dans un petit théâtre que je ne connaissais pas. Je ne savais pas trop à quoi je devais m'attendre. J'avais vu à la TV des reportages sur la danse orientale en cabaret, et sincèrement, si j'avais bien aimé, je n'avais pas été transportée. Trop de paillettes, avais-je pensé.

C'est Anna Pavlova. C'est ma photo préférée. Je l'ai découverte dans un de mes livres de danse lorsque j'étais enfant. J'ai vu la photo, et immédialement, je suis tombée amoureuse de la ballerine, bien que je ne l'ai vue ni danser, ni en costume de ballerine. Cela a été tout simplement un coup de foudre immédiat, absolu, sans que je sache quoi que ce soit sur elle.
Et cela aussi, lorsque je le découvris, me bouleversa. Comme si j'avais compris pourquoi Pavlova m'était d'une certaine façon aussi précieuse : amour fou de son métier de ballerine classique, passion pour l'art et la danse indienne, au point d'aider concrètement les danseurs de leurs pays à renouer avec leur propre culture, et puis chorégraphies dans un esprit " exotique" créées à partir de ses voyages. Uday Shankar la vit à Londres, et tomba amoureux de sa danse; il ne dansait pas encore. Elle lui permettra de se faire une technique de danse, puis l'encouragera comme les autres, à renouer avec la culture de son pays. En 1924, ils sillonneront ensemble l'Europe et l'Amérique, avec les chorégraphies d'Anna Pavlova, Radha, et The Hindu Wedding, puis, après quatre ans, il créera ses propres chorégraphies et fondra dans la région de Calcutta un centre culturel.





